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ACHILLE DELAPLACE, instituteur

ACHILLE DELAPLACE, instituteur

Texte, photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Documents des familles Griffon-Picard, Falc'hon-Prévost,
Droin-Colombe et Perdrix-Guillot.
Carte postale (moulin) de la Terra Foundation for American Art.
Carte postale (amendement) (coll. Claude Landais)
"Le Souvenir de Claude Monet", sur "L'Art Vivant", n°49,
première photo de classe et faire-part de mariage (coll. Roland Sorin)
Calques des photos de classe de André Buffet.
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Un grand merci à Monsieur Bernard Guillot, petit-fils d'Achille
Delaplace, pour la gentillesse avec laquelle il nous a ouvert sa
mémoire et confié de précieux documents familiaux.

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En 1896, à 27 ans, Achille Delaplace succède à Auguste Cellier, maître d'école à Giverny.
Il occupera cette fonction pendant 32 ans et prendra sa retraite en 1928
avec les palmes académiques d'Officier de l'Instruction Publique.

Achille Delaplace avait épousé Valentine Chandellier (1871-1961), que sa famille surnommait
Mantine. C'est leur fille, Marthe, qui assura la classe à l'école de Giverny lorsqu'Achille
Delaplace fut mobilisé en 1914. Compte-tenu de son âge, il servit comme garde
territorial au tunnel ferroviaire du Roule non loin de Gaillon.
Un an après la fin de la Grande Guerre, il maria sa fille à Giverny.




Grâce à sa personnalité et à sa longue carrière à la tête de l'école de Giverny,
Monsieur Delaplace est encore dans la mémoire de nombreux givernois, car il a
prodigué son enseignement aux enfants de la plupart des familles du village.

A sa retraite, en 1928, c'est Charles Bouquet (1892- 1973) qui lui succède.
Deux photos de classe des années 30 avec Monsieur Bouquet
figurent sur la page "La Maison Commune et l'Ecole".

Achille Delaplace continuera à habiter au 21 de la rue Claude Monet et restera
un acteur actif de la vie givernoise. Il décédera chez lui en février 1941.

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Un document rare...

Sa première photo de classe, sans doute juste après avoir pris la succession d'Auguste Cellier
en 1896, est sans doute celle-ci. En effet, le grand gaillard à sa droite est le même
que celui que l'on voit porter un fusil de bois sur une photo de classe avec Auguste Cellier
et il a sensiblement le même âge. Achille Delaplace avait moins de 30 ans.






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PHOTOS DE CLASSE (dates incertaines, entre 1906 et 1920)
Arlette Droin et Nicole Prier ont pu mettre quelques noms
sur ces photos. Mr et Mme Alain Guillot (son arrière-petit-fils)
ont reconnu Marthe Delaplace, fille de l'instituteur, Suzanne Baudy,
grand-mère de Mme Guillot, et Madeleine Grauby.
Jacqueline Delamarre a retrouvé sa mère, Louise Feron-Delatouche, sur deux photos.
Jean-Jacques Maillet a reconnu sa grand-mère Marcelle Tersinet et sa soeur Alphonsine
sur 4 photos. Leurs parents habitaient "Le Hameau" et travaillaient aux "Grands Jardins" (cf J-J.M)


Avant 1906







16 : Marthe Delaplace (fille d'Achille Delaplace), 11 : Suzanne Baudy (grand-mère de Mme Alain Guillot),
12 : Marcelle Tersinet, 14 : Alphonsine Tersinet

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Année 1906







1-Alphonsine Tersinet, 24-Suzanne Colombe, tante d'Arlette Droin-Colombe, 7-Marthe Delaplace,
fille d'Achille Delaplace, 15-Louise Féron (7 ans), 17-Suzanne Baudy, grand-mère de Mme A.Guillot.
26-Marcelle Tersinet (cf J.J. Maillet)

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Année 1910






6-Christiane Lebrun (7 ans)(cf F.Beny), 10-Suzanne Colombe, 17-Achille Delaplace,
18-Suzanne Baudy, 21-Louise Féron (11 ans), 25-Marcelle Tersinet,
28-Madeleine Grauby (épouse Buzenac). Madeleine Grauby habitait Paris, mais pendant
les grandes inondations affectant la Seine cette année-là, elle vivait chez sa
grand-mère Mme Singeot-Besche (cf A.Guillot), 29-Alphonsine Tersinet.

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Vers 1911-1914






16-Christiane Lebrun (11 ans)(cf F.Beny),17-Achille Delaplace, 18-Marcelle Tersinet (cf J.J. Maillet),
20-Alphonsine Tersinet, (soeur de Marcelle Tersinet, cf dito),
21-Suzanne Colombe (soeur de Simone Colombe), 22-Laurette Suzé,
28-Simone Colombe (mère d'Arlette Droin-Colombe)

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Vers 1920







2-Paul Hervieux, 8-Adolphe Guillemard, 14-Achille Delaplace, 16- René Suzé,
17-Laure Suzé (épouse Fouillard), 20-Simone Colombe, 25-Suzanne Hervieux,
27-Lucienne Suzé (épouse Durupt, mère de Nicolle Prier), 26-Pierre Hervieux.

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ACHILLE DELAPLACE, UNE PERSONNALITE GIVERNOISE

A cette époque, les instituteurs faisaient autorité et participaient à la vie du village.
Achille Delaplace était de ceux-là. Non seulement, il partageait le savoir, mais
c'était aussi un citoyen très actif comme conseiller municipal et animateur
d'association. A ses heures, il était aussi musicien et chercheur.
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UN MUSICIEN

Il donnait des cours de violon au "Clair Logis", sa maison de la rue Claude Monet.
André Picard était un de ses élèves et se souvenait d'avoir, étant enfant, pris
ses leçons dans la partie ancienne de la maison, au premier étage.
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UN CHERCHEUR AU SERVICE DES CULTIVATEURS LOCAUX

Il leur apporte ses connaissances pratiques pour améliorer le rendement
de leurs cultures. Faisant la synthèse des travaux d'un chimiste et d'un
professeur départemental d'agriculture, il publie en 1903



On ne parlait pas encore d'écologie, mais ce qu'il écrit, ponctuant d'une malicieuse
analogie, fait penser à ce que l'on appelle aujourd'hui "l'agriculture raisonnée".



Son intérêt pour la vie rurale ses travaux sur l'agriculture, valurent
à l'instituteur la distinction de Chevalier du Mérite Agricole.

En 1908, plus que jamais convaincu que la meilleure façon d'amender une terre à sa juste mesure
est de mettre en corrélation sa nature, d'une part, et les besoins de la plante, d'autre part,
Achille Delaplace travaille avec les cultivateurs givernois pour continuer ses essais.




On le voit ici avec Léopold Hervieux, cultivateur et adjoint au maire, et Clément Singeot,
comparant le rendement de l'avoine à l'hectare, obtenu sur le lieu-dit "Les Bruyères",
une terre encombrée de pierre calcaire et de silex, comme le coteau et le plateau qui
surplombent la plaine alluviale des Ajoux. On remarquera que, même en mission sur le
terrain et par une température estivale, l'instituteur garde le gilet fermé.
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UN ANIMATEUR

Nous sommes en juin 1902. Le concours de tir à 75 mètres est organisé par Achille Delaplace.
Cette affiche nous en dit long sur les activités associatives de Giverny et les efforts des
organisateurs pour rendre ces concours attractifs. Une fête vraiment givernoise,
avec des donateurs locaux... les membres du Conseil municipal, un ancien maire,
avocat et écrivain, les "Musiciens amateurs de Giverny", les Sapeurs-Pompiers de Giverny,
l'adjoint au maire et le Président de la "Société de tir de Vernon".

Trois ans plus tard, en 1905, La "Société de tir de Giverny" sera créée,
et l'instituteur sera parmi les fondateurs.



(petite erreur typographique au bas de l'affiche: lire "Queruel" et non "Queruet")


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ACHILLE DELAPLACE ET CLAUDE MONET

Contemporain de Claude Monet pendant toutes leurs années givernoises, soit plus
d'un quart de siècle, l'instituteur entretenait avec le peintre les meilleurs
rapports. Il donnait cours à ses deux fils, Jean et Michel, et les deux hommes
s'appréciaient. Entre gens cultivés, tous deux amoureux de la nature, il leur
arrivait d'échanger leurs livres et de se conseiller pour leurs lectures.

Claude Monet travaillait sur les peupliers des Ajoux. Dans l'esprit de sa série sur les meules (1890-91)
et de sa précédente série sur les peupliers (1891), il était important que le sujet reste en place
pour pouvoir le peindre sous toutes les atmosphères, jusqu'à ce que le travail soit terminé.
Les peupliers qui bordaient la plaine des Ajoux appartenaient à Monsieur de La Lombardière, qui
envisagea un jour de les élaguer. Pour Monet, c'était une catastrophe! Il en parle à son notaire,
sûrement meilleur juriste que dessinateur, puisque celui-ci écrit à l'instituteur
la lettre suivante le 18 novembre 1913...



Claude Monet appuie ce courrier par une lettre en demandant à l'instituteur d'ajouter
au croquis une demande expresse de sursis auprès de Monsieur de La Lombardière...



L'instituteur du village, sans doute bon dessinateur, était sollicité pour rendre service
à un ami dans une affaire qui, ailleurs qu'à Giverny, aurait été banale.
Achille Delaplace ne se doutait pas, en 1913, que ces grands peupliers
tendus vers le ciel deviendraient les plus célèbres au monde.
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Treize ans plus tard, le dimanche 5 décembre 1926, Claude Monet s'éteint
à Giverny, où il est inhumé le mercredi 8 décembre à 10 heures et demi.
Dans le compte-rendu qu'il fait de l'inhumation, et que vous trouverez
reproduit en bas de page, Achille Delaplace écrit

"Selon la volonté du défunt, aucune invitation avait (sic) été faite.
Le jour et l'heure de cette cérémonie n'avaient même pas été communiqués".


L'instituteur est simplement chargé par le maire de prévenir le Maréchal
des Logis de Gendarmerie d'Ecos, ce qu'il consigne par écrit et, compte tenu
de l'urgence, fait par téléphone depuis l'Hotel Baudy.



Entretemps, dès l'annonce du décès du peintre, Achille Delaplace avait demandé à
l'Inspecteur de l'Enseignement Primaire des Andelys l'autorisation d'assister à l'inhumation.
Ce fut sans doute une course contre la montre. La réponse, datée du 7 décembre,
arriva t'elle le jour même des obsèques ou le lendemain, qu'importe.
Toujours est-il qu'elle allait bien au-delà de la requête de l'instituteur.



En temps normal, cet hommage rendu par les enfants de l'école aurait été touchant, mais
cela ne correspondait pas aux volontés de Claude Monet, qui furent respectées à la lettre.



(Eglise Sainte Radegonde)

Le maire, Alexandre Gens, marchait en tête. La charrette mortuaire - le char des pauvres,
comme l'écrit l'instituteur - portait le cercueil, sans drap mortuaire, sans fleurs ni couronnes.



Le compte-rendu sobre et émouvant qu'en a fait Achille Delaplace, comme l'aurait fait un
journaliste, en témoigne parfaitement. Une page historique de Giverny fut tournée ce jour-là.



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UN GIVERNOIS, bien installé...




Motif en fer forgé sur l'oeuil-de-boeuf de la chambre à coucher de l'instituteur.


Originaire d'Ecos, Achille Delaplace devint givernois à sa nomination en 1896.
Au départ, il fut logé au-dessus de la mairie-école, mais, à l'étroit avec sa famille,
il acheta en 1923 à la famille Singeot-Allouis, une petite maison rurale des années 1870
au "Bout de Giverny". Quelques années plus tard, il lui accole une aile à angle droit.
L'architecture 1930 rompt délibérément avec le style rural de la construction originelle.
Achille Delaplace y mettra son ingéniosité, son souci d'être moderne et l'affirmation du
statut social de sa fonction. Une maison bourgeoise aux matériaux nobles, où le chêne
remplace le sapin et l'opus incertum en pierre de Vernon, les moellons et la modénature.
Prévoyant, il fait aménager sous la terrasse un réservoir en ciment d'une capacité
de 1500 litres pour récupérer les eaux de pluie de la toiture. Il y a un puits, mais
il faut chercher l'eau à 14 mètres (l'eau courante sous pression n'arrivera qu'après
la Seconde Guerre Mondiale). Enfin, la nouvelle maison dispose d'un chauffage central au
charbon et de trois cheminées de marbre. L'instituteur n'a pas lésiné sur le confort.




Projet de façade sur rue, dont la réalisation sera simplifiée. Deux époques et deux styles.

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1940, L'EXODE

Comme beaucoup de français à l'arrivée de l'occupant, Achille Delaplace évacua avec sa famille
vers la zone libre, mais les épreuves de cette période difficile eurent raison de sa santé
fragile et il reviendra à Giverny ou il décédera à son domicile en 1941 à l'âge de 72 ans.
Charles Bouquet, qui lui succéda à l'école 13 ans plus tôt, lui rendra,
le jour des obsèques, le très bel hommage suivant ...





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UN HASARD BIEN A PROPOS

Les cartes postales du début du siècle servaient autant à envoyer un
souvenir à des destinataires lointains qu'à communiquer localement.
Lorsque André Buffet acheta cette carte du Moulin des Chennevières
pour 40 francs, il ne se doutait sans doute pas que la correspondance
au verso était directement en rapport avec l'instituteur du village de l'époque.









Bernard Guillot m'a précisé que cette carte postée en 1908 a été écrite par sa mère,
Marthe Delaplace (fille de l'instituteur) à sa grand-mère (mère de l'instituteur).
De Vernon à Bus Saint-Remy, à peine 20 kilomètres.
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