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Lhôtel BAUDY

L'hôtel BAUDY

Album GIVERNY AUTREFOIS


Texte d'André Buffet et de Jean-Michel Peers.
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers.
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art.
Documents de la famille Baudy-Perdrix, de Véronique Perdrix.
Correspondance Lucien Baudy, de Claude Landais.
Programmes des soirées musicales, carte postale "Route de Vernon"
et publicité années 20 (coll. Roland Sorin)
Documents et précisions de Christian Jeanney.
Photo de Tranquille Marinello et Claude Evans (Nadine Marinello)
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ANGELINA et LUCIEN BAUDY AVANT 1890

LUCIEN (1848-1896) est représentant en machines à coudre, comme son père, à qui il a succédé.



C'est un professionel reconnu dans sa spécialité. Il a des clients éloignés, jusque dans l'Orne,
comme en témoigne cette correspondance au timbre du second Empire, daté de 1869.





ANGELINA (1853-1942) est la patronne du café-épicerie. Sur le papier à lettre, on lit "Mercerie - Parfumerie".
En effet, la patronne « fait » un peu bazar, et tient à disposition quelques articles d'usage courant: savon,
papier à lettres, encre, plumes , etc... La vie est calme à Giverny avec une petite clientèle... la routine.




A l'origine, ce qui deviendra l'hôtel Baudy, comportait un bar ( porte de gauche), une épicerie (au centre)
et l'atelier de Lucien Baudy, à droite. Plus tard, l'atelier devint salle de bal avec la création de l'hôtel.
Lucien Baudy décède en 1896, à l'âge de 49 ans. Veuve à 43 ans, Angelina assumera seule l'essor
de l'établissement, appelé à devenir le phare d'un petit village rural qui ne s'y attendait certes pas.




Plus tard, une recette auxiliaire des Postes vient compléter l'ensemble. La façade s'éclaircit
et l'atelier se voit doté de plus grandes fenêtres pour y laisser entrer la lumière.




Une autre carte (Edition G. André à Vernon) présente la même vue, de plus loin, avec un grand
panneau publicitaire. Cette carte des années 30 est moins connue que la précédente (coll. Roland Sorin)

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LE DÉBUT DU CHANGEMENT, avec l'arrivée des premiers peintres.


C'est Willard Metcalf, américain du Massachusetts
 qui, en 1886, à l'âge de 26 ans, fut le premier à pousser la porte de la buvette de
Madame Baudy, "hirsute et baragouinant un langage incompréhensible". Elle allait
l'éconduire pensant être en présence d'un rôdeur. Ce n'est qu'à la vue rassurante du matériel
de peintre qu'il transportait, ressemblant à celui de Claude Monet, le voisin, qu'elle ne le chassa pas.
Metcalf  reviendra quelques semaines plus tard, mais pas seul . Ses confrères de l'Académie Julian
sont du voyage. La passionnante histoire de l'Hôtel Baudy  est en marche ...

Le réveil est dur quand s'abat le succès sur le village. Le hasard n'y est pas étranger, la sérénité
 du site non plus. Les peintres affluent à l'auberge Baudy: ils sont américains pour la plupart,
anglais, écossais, et d'autres nations. Rapidement l'auberge compte une douzaine de
chambres. Mais la pension ne suffit plus; on loge chez l'habitant; les peintres,
hommes et femmes ( on les nomme peintresses),
occupent les chambres libres du village.

UNE EVOLUTION RAPIDE ET UN CONCEPT NOVATEUR

Le café-épicerie-auberge devient vraiment hôtel avec l'agrandissement que les Baudy entreprennent
entre 1888 et 1891. Il y a même une entrée cochère pour les véhicules... "Entrée de l'Hôtel"




On peut dire que l'hôtel Baudy est à cette époque le premier établissement en France
aménagé spécialement pour les artistes-peintres, disposant, en particulier, de deux ateliers
installés sous les toits en 1890, avec les verrières au nord, comme il se doit...




... et d'une grande terrasse d'angle avec plancher en bois, recouvert de zinc, exposée plein sud-ouest.




C'est de cette terrasse que Cézanne immortalisa un célèbre décor d'été.



La maison à colombages ne se cache plus derrière les grandes meules;
aujourd'hui elle se détache sur un fond de verdure, devenu l'espace Baudy
où ont lieu de nombreuse activités du village, comme la foire à tout annuelle.

Le confort n'est pas oublié. Les Baudy construisent tout en haut du jardin un bassin de 20 m3
alimenté par l'eau d'un puits foré à 22 mètres, en service plus bas. L'eau était remontée
vers ce "château d'eau" par un système de pompes. C'était novateur pour l'époque.
En tout cas, il fallait de l'eau pour les hôtes de la vingtaine de chambres,
(l'eau de la ville n'arrivera que 50 ans plus tard.) A l'intérieur, comme sur la façade,
les couleurs étaient particulièrement harmonieuses. La présence des tous ces peintres
habiles à choisir les teintes sur leur palette a sûrement donné aux Baudy le goût des
belles associations de couleurs. En tout cas, il y avait beaucoup de monde à
l'hôtel Baudy et l'on y vivait bien!


On vit à l'américaine, on mange à l'américaine. Madame Baudy doit mettre à jour ses livres de
recettes afin de plaire à ses convives. Elle apprend même à préparer le thé!
On prend pension pour 5 francs par jour.
C'est une cuisine familiale, utilisant les ressource du potager attenant aux tennis. On arrose
avec l'eau du petit bassin alimenté par les eaux de ruissellement provenant des pentes du jardin
et de la toiture. L'eau est canalisée sous la terrasse de l'autre côté de la route.



Angelina Baudy par Theodore Robinson

Le livre de cuisine de la jeune patronne, qui a la trentaine, est riche en recettes de toute nature.
Parmi celles-ci, nous avons sélectionné un Christmas Pudding, accompagné de Butter
Pudding, qui ont retenu notre attention, servis évidemment au repas de Noël.
C'est un bonheur! Tellement que cette pratique culinaire est perpétuée
depuis cinq générations. Et la relève est présente pour poursuivre
nous dit Véronique Perdrix, qui nous a confié ces recettes.



Nous avons trouvé également la recette d'un vin fortifiant, qui rendrait jaloux les moines
rougeauds et bedonnants réputés pour avoir l'exclusivité de ce revigorant breuvage.




Les peintres aussi découvrent les délices de la cuisine locale, parfois agrémentée de
recettes d'outre-atlantique qui leur rappellent leur pays. On retrouve, ci-dessous,
un menu "franco-américain" de la plume de Theodore Earl Butler, (coll. Ch. J.)




En 1887, à l'instigation de Theodore Robinson, le premier atelier indépendant de Giverny
est construit dans le jardin de l'hôtel. C'est là que les peintres qui venaient peindre
en plein air se mettaient à l'abri pour terminer leurs toiles. On dit qu'Angelina Baudy,
qui savait la santé de Theodore Robinson fragile avait accédé volontiers à sa demande
pour que le peintre puisse s'y mettre au chaud en hiver. Le parc est romantique
à souhait; ses bassins et ses ilôts de verdure sont propices à la quiétude, à la
rêverie et finalement au dessin. C'est Louis Lebrun, ancien jardinier
de Claude Monet, devenu maraîcher à Giverny, qui a dessiné
la terrasse devant l'atelier (cf D.G.). Il y maria sa fille Marguerite en 1912.




La roseraie actuelle, s'étageant en terrasses sur le flanc de colline, est récente
Elle est due à Christian Jeanney, qui mit le jardin en travaux de 1989 à 1991.



Pour que les peintres ne manquent de rien sur place, les rayons de l'épicerie se sont
enrichis de nouveaux articles. On trouve des chevalets, chassis, pinceaux, et autres
choses encore, fournis par les établissements Lefèvre et Foinet de Paris.
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Les peintres s'adonnent au sport, et à d'autres passions. Pour les uns c'est le tennis.
Les tournois sont organisés sur deux courts. Stanton Young est un champion redouté.









On peut reconnaître ici deux filles Mac Monnies avec la petite Suzanne Baudy,
la nurse, au centre, et, sur la droite, Clarisse, la maman de Suzanne..




Pour d'autres, c'est la chasse, le patinage, où la promenade en barque à fond plat sur le
bras de Seine à Bennecourt, en face « Le Zola ». Les peintres américains amusent les
Givernois par leur exubérance, mais ils les agacent aussi parce qu'ils troublent leur
train-train de petit village. Et en définitive ces derniers participent: les uns
assistent aux tournois de tennis, les autres organisent des réunions
musicales. Sur les programmes ci-dessous, on remarque que la
vie sociale est active, car les familles participent au spectacle.
Etait-ce une évolution des villageois, due à la crainte d'un
conflit à venir avec l'Allemagne, En 1898 et 1900, la recette
allait à la bibliothèque scolaire, alors qu'en 1910 et 1911, à
3 ans de la guerre, elle était destinée à la Sociéte de Tir !






Serge Legendre affirme que « des soirées musicales et théâtrales, bals cotumés, fêtes foraines,
défilés de voitures et de chars fleuris, étaient régulièrement organisés par les jeunes givernois:
Hervieux, Ledanois, Hannoyer, Féron, Lenoir etc...., au bénéfice de la bibliothèque scolaire. »
La vie bascule. Et qui s'en plaint? Les boutiques sont devenues prospères.Les habitants
ne rechignent pas à loger un peintre, même pour une saison. L'animation est garantie
dans le village et tout ça dans la bonne humeur. A leur arrivée chez les Baudy les
artistes ne vivent pas dans l'opulence, mais quelques années plus tard ils se
sont singulièrement embourgeoisés et profitent de ces folles années.





On se réunit chez les Baudy, on y fait la fête. La salle à manger est un lieu très convivial;
Certes les peintres envahissent Giverny; d'autres artistes tels les poètes,
les sculpteurs, les écrivains les rejoignent et se mêlent volontiers à leurs facéties.
Ce monde joyeux forme une communauté soudée par le langage unique de l'art, souvent par la pauvreté,
surtout au début de leur séjour à Giverny; bref, par un ingrédient favorable à resserer les liens.

Il est courant que des artistes peu fortunés règlent leurs dettes en abandonnant leurs toiles à leurs créanciers.
On retrouve d'ailleurs au fond de la salle, quelques esquisses d'oeuvres ou des toiles devenues célèbres!



1 - artiste inconnu.
2 - THEODORE ROBINSON, "Vallée de Seine".
3 - THEODORE ROBINSON, étude préparatoire pour le tableau en pied. Cette esquisse est perdue,
dans un grenier ou détruite. Sur cette page, au § "Les peintres au travail" on peut voir la photo
que le peintre à prise du modèle de cette esquisse.
4 - MARY Mac MONNIES, le tableau représente Marthe Lucas, la
gouvernante et Betty ou Marjorie, les enfants Mac Monnies. Peint au Moutier.
5 - THEODORE ROBINSON, tableau faisant partie de la serie faite à la ferme de la Grande Ile,
à laquelle appartient l'esquisse n°3, à comparer à un tableau d'une pose similaire
(l'arbre "japonisant" est le même); localisation inconnue. (Voir "Les peintres au travail" ci-dessous).
6: Fait beaucoup penser au travail de BLAIR BRUCE, mais il reste un doute sur
l'auteur de cette oeuvre, car Robinson a également croqué des arbres ....

Au début de la dernière décennie du siècle, Dawson et Butler éditent un journal écrit,
illustré et édité par la communauté solidaire. « Le Courrier Innocent » est une revue « bon enfant »
où transparaît la nostalgie, la mélancolie, mais aussi le bonheur, la joie de vivre et l'amitié;
bref, des sentiments et des états d'âmes méconnus des gazettes montmartroises de la même époque.
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Dans les années 20, l'établissement d'Angelina Baudy attire beaucoup de monde, et pas seulement
des peintres. Il y a les tennis, bien sûr, mais aussi un certain art de vivre, une ambiance que traduit
bien cette publicité. L'hôtel et ses dépendances sont présentés comme un grand
ensemble moderne qui offre tout ce qu'il faut pour séduire les visiteurs.





Avant de devenir la rue Claude Monet, c'est la "route de Vernon" qui passe devant
l'hôtel Baudy. Rien qu'à voir le nombre de voitures, on imagine que le lieu,
très à la mode, était fréquenté et animé en ces années d'après guerre.

Un peu plus tard, lorsqu'on arrivait de Gasny, on pouvait voir ce panneau,
inhabituel dans un petit village rural à cette époque...



L'hôtel-restaurant sait recevoir ses hôtes. En 1930, il proposait un menu de réveillon
de Noël très complet: déjeuner, dîner de réveillon, souper dansant, chambre...
"Confort, chauffage, bonne table et gaieté assurés". Que demander de plus ?



Sur cette carte postale, le nom Baudy a été barré par l'expéditeur et remplacé par "Callet".
Nous ne savons rien de ce qui fut peut-être un changement de propriétaire.



Dans les années 30, on trouve la carte publicitaire ci-dessous. L'hôtel Baudy est toujours un lieu
à la mode, avec le chic des lieux de séjour campagnards très prisés des parisiens en fin
de semaine. Les patrons sont anglais, Monsieur et Madame J. Walley EVANS.







Leur fils Claude était un ami de Tranquille Marinello qui venait livrer à l'hôtel les légumes
cultivés aux "Grands Jardins". On les voit ici en train de faire les clowns en jouant aux
hallebardiers avec faux et fourches. Le papa de Claude, citoyen anglais, appelé
familièrement "Billy" connut une fin tragique en cette première année de guerre...

Dans "Ma jeunesse à Giverny", au paragraphe "année 1941", Albert Pillon
se souvient que les convois allemands traversaient de plus en plus souvent
le village et se comportaient en arrogants maîtres des lieux. Il écrit...

" Ils s'arrêtent rarement dans le village mais sont en permanence à Vernon,
où déjà des rumeurs d'arrestations sauvages sont rapportées. D'ailleurs,
Monsieur EVANS, Anglais et propriétaire de l'hôtel Baudy de Giverny
a un jour été emmené par une patrouille et n'est jamais revenu
au pays. Ca n'est que plus tard que nous apprenons son
décès suite à des tortures et autres mauvais traitements
subis à la KOMMANDANTUR."





Billy avait 62 ans et repose au cimetière de Giverny.

L'hiver 1941 était froid et humide. Albert Pillon relate encore...

" Les cours de catéchisme se donnent maintenant dans
une grande salle sous les combles que Madame EVANS
de l'hôtel Baudy nous prête fort gentiment"
...

... précisément, dans les ateliers confortables aménagés 51 ans plus tôt
par Angelina Baudy pour les premiers peintres de la colonie américaine.

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DOCUMENTS DE FAMILLE

LES ACTIVITES DE MADAME ANGELINA BAUDY et
L'ENVIRONNEMENT ARTISTIQUE DE L'HOTEL BAUDY

Nous reproduisons quelques épreuves tirées d'albums que la famille Perdrix a eu la gentillesse
d'ouvrir pour nous. Nous l'en remercions vivement et l'assurons de notre gratitude.





Personne ne peut s'y tromper. Il s'agit bien là d'un normand, d'un vrai normand.
Vous avez reconnu, bien sûr, Jean-Jacques Ledoyen, père d'Angélina Baudy.
Coiffé d'un képi de feutre à visière rigide, cet homme à l'aspect débonnaire respire
la santé. Sa blouse de travail est rapetassée aux manches; il porte des manchettes;
à l'époque il fallait faire durer le linge. Il avait épousé Claire Pélagie Leroux.





Peu avant 1920, Gaston le fils d'Angélina, et Clarisse son épouse à sa gauche, posent dans le parc
un après-midi de juin; les rosiers sont en fleurs, l'été s'annonce, la petite Suzanne se fige
devant l'objectif. Madame Ledoyen son arrière-grand-mère, assise, la surveille.
Est-ce madame Angelina Baudy, un peu à l'écart, éblouie par le soleil qui contemple
sa maison où tant d'évènements se sont déroulés en si peu de temps




Avant d'accéder aux tennis, un bassin d'eau se situait sous la terrasse actuelle.
Comme tous les enfants, la petite Suzanne s'amuse à puiser de
l'eau avec son arrosoir, en compagnie de Clarisse, sa mère.
Au second plan, on distingue la façade de l'hôtel.


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Nous sommes en été ; les clients sont arrivés en limousine.Madame Angelina
a dressé une table au jardin. Les couverts d'argent, la vaissellede porcelaine
sont disposés sur l'épaisse nappe blanche. On se sent bien chez les Baudy.








Que de banquets, que de repas familiaux se sont succédés chaque dimanche durant des années,
pour la joie des convives! Clarisse sert les mets délicats confectionnés par l'hôtesse.
Son col de dentelle empesé contraste sur son élégante robe noire, protégée
d'un minuscule tablier de coton blanc. Oui, c'est dimanche.

Réunis pour boire un pot, (bouteille de 50cl à fond épais) quelques peintres et peut-être
quelques givernois, goûtent le frais vin rouge. On fume, on parle de tout et de rien,
histoire de passer une heure entre amis: c'est la détente. Même le chien est heureux.









Ce jour là quatre artistes trinquent à leur succès, à leur avenir.
Accoudé au bahut, il semblerait qu'il s'agisse de Frédérick Mac Monnies.
Les apéritifs, en particulier les vins cuits, sont arrosés d'eau de Seltz gazéifiée
et peu acidulée, présentée en bouteille sous pression; c'est la coutume de l'époque.
Au moment où les verres à pied s'entre-choquent et tintent, le plaisir se lit sur les visages.
L'instant est inégalable. On voit distinctement les peintures accrochées au mur de la salle
de restaurant. Elles ont été offertes à madame Baudy ou laissées par leur auteur
en règlement de leur pension. Une question: quel est donc cet instrument conique,
à droite, posé sur la table? Serait-ce une bouteille de calvados?






En dehors de leurs activités, les artistes entretiennent des relations confraternelles.
Leur tenue n'est jamais négligée; on les voit ici en complet-veston ...
et cravatés pour ne sortir que dans le parc, derrière l'hôtel.
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LES PEINTRES AU TRAVAIL





Seuls, en groupe, les voilà au travail sur le motif. Ici en forêt, là dans une rue du village,
comme Theodore Robinson, avec la maison de famille des Baudy en travaux sous la mairie...



House with Scaffolding, North Carolina Museum of Art

... ou dans les champs, ailleurs au bord de l'Epte, ils vont partout où l'inspiration les conduit.
Ci dessus, l'un d'entre-eux serait Radimsky. Certains ont des affinités pour le site,
d'autres ont leurs méthodes de travail. Ainsi, Theodore Robinson a la
particularité de photographier ses sujets pour les reproduire
au carreau. Voici quelques-unes de ses épreuves:





Intitulé: « Gossips », traduisant le bavardage de ces femmes au travail, la peinture est plus
complète que l'épreuve sur papier albuminé présentée ici. En effet le cadrage de son oeuvre
laisse apparaître le pont des Chennevières sur la gauche. La composition s'équilibre en
déplaçant l'enfant au pied d'un arbre, et augmente la profondeur par l'ouverture d'un
battant de la porte du moulin des Chennevières qui laisse entrevoir la cour.






Lorsqu'il habitait la demeure de madame Baudy au carrefour de la Rue d'en Haut et de
la Route de la Chapelle Saint-Ouen, le jardin fut employé par Theodore Robinson
à des fins artistiques, pour y photographier ses modèles. Ainsi la jeune femme adossée
à un arbre lui inspira: « Potato Harvest » ainsi que « In The Garden ».









« The Layette » est la réplique frappante de cette épreuve.
Le modèle devait lui être favori, tant il l'utilisait.





Toutefois cette épreuve-ci n'eut pas de suite, et,
a priori, ne fut pas à l'origine d'une oeuvre.





Theodore Robinson photographia un jour cette gracieuse personne. Ce fut le point de
départ d'une magnifique toile peinte en 1891, qu'il intitula « In The Sun ».





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DAWSON DAWSON-WATSON





Résolument décontracté. Dawson Dawson-Watson pose devant l'objectif.
Un peu cabot certes, mais quel charme!! Il tire sur sa pipe au fourneau
d'écume de mer, dont la forme ajoute à l'élégance de l'homme.









Ainsi qu'en témoigne l'inscription au verso de la photographie, qu'il faut traduire:
Dawson Watson et son épouse Mary, se situent en 2ème et en 3ème position à partir de la droite.
Ce jour là, ils avaient tous décidé de se vautrer dans l'herbe, de faire les clowns.

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VÀCLAV RADIMSKY



Oh! cela ressemble fort à un vélo de course! Ils étaient fabriqués en fer brasé.
Souvent avec un pignon fixe. Il fallait de bons molets pour grimper les côtes.
En ce temps là, une plaque d'identité en aluminium au nom du
propriétaire était fixée au cadre. Toute une époque!!
Ici, à gauche, le peintre Vàclav Radimsky, amateur de vélo, est en discussion avec
un autre amateur. Est-dans ses balades que le peintre trouve son inspiration?
Ci-dessous un beau paysage des bords de Seine, avec, bien sûr, des peupliers...



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LES TENNIS DE L'HOTEL BAUDY



Pratiquent-ils le tennis ou se battent-ils? En tout cas ils s'amusent bien.
Un peu posée, la photo est très jolie et bien cadrée. Au fond, la ferme Leroy





Le Groupe Symphonique de Vernon, ainsi que la Société Musicale de Gasny donnaient souvent
des concerts à Giverny. Les courts de tennis sont le lieu propice par excellence; et puis
le café Baudy est tout près pour se désaltérer. Je le dis sans ironie.
Sur cette photo, il se pourrait bien que l'on reconnaisse l'instituteur, Achille Delaplace,
qui était aussi musicien (il jouait et enseignait le violon) et participait toujours
aux évènements du village. Son petit-fils, Bernard Guillot pense qu'il s'agit du
monsieur de droite en canotier, qui regarde le photographe.

A l'époque, - encore de nos jours -, tout rassemblement qu'il soit heureux ou tragique,
se termine par un pot. Parce qu'on y parle beaucoup, qu'il est très convivial de trinquer,
d'aller l'un vers l'autre et de partager. Ce qui manquerait peut-être à notre société actuelle.





On se salue, on se congratule. Mais quel est donc cet équipage bon enfant ?
Des représentants qui, leur travail achevé, vont rejoindre, à l'aide de ce
véhicule hippomobile appelé « omnibus », la gare de Vernon.




Le soir venu, au calme du jardin, Angelina Baudy feuillette avec attendrissement
l'album de famille en compagnie de sa fille Clarisse. Que de souvenirs! Nous
sommes en 1930. Avant la Grande Guerre, les peintres et les artistes en
général, ont rejoint leur nation à quelques exceptions près. Les mains
jointes, les doigts croisés, attentive, un léger sourire aux lèvres, les
images lui sautent au visage. Son fils décédé. Voilà déjà dix ans.
Sa petite fille Suzanne, enfant épanouie au sourire radieux,
sa discrète belle-fille Clarisse qui la seconda efficacement
dans l'entreprise familiale. Et les pensionnaires?
Les facéties des uns,la turbulence des autres,
de joyeux lurons en somme. Le souci de
l'approvisionnement, la confection des
repas la semaine, des banquets le
dimanche. C'est qu'ils étaient
affamés les gaillards!
Aujourd'hui le calme est revenu.
Une page de l'histoire du
village est tournée.

Angelina Baudy décède en Octobre 1942.




Le promeneur qui passe devant l'hôtel Baudy en remontant la rue Claude Monet
peut voir, quelques pas plus loin la longue grille derrière laquelle s'épanouit un
jardin en pente. Sa magnifique roseraie et ses petites allées secrètes sont
une invitation à venir se promener et s'imprégner de la nature exubérante
et mystérieuse des lieux. (entrée par la grande salle à manger de l'hôtel)
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