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LE MARAIS COMMUNAL

LE MARAIS COMMUNAL

Texte d'André Buffet
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art
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L'hiver 1890-1891 est très dur.
La Seine déborde et les eaux immobiles entre Epte et Seine gèlent.
Jean-Pierre Hoschedé et Michel Monet font du patin. Le marais est loué à des cultivateurs
qui intiment l'ordre de payer redevance pour continuer leur sport hivernal. (sans commentaire!)






Au loin, à gauche, on aperçoit la barrière de l'entrée du marais.
Certes le marais permet les hivers rigoureux de chausser les patins, et fait la joie des enfants.
C'est à partir du printemps, si les inondations ne l'ont pas envahi, que le marais présente un
intérêt pour les cultivateurs et autres professions quelque peu particulières.
Ainsi pour augmenter ses revenus et faire face aux dépenses qui pèsent sur elle, la commune
autorise la concession des terrains communaux nommés Le Marais, Le Voyer, La Pierre aux Malades.

Sur cette carte postale des éditions Lavergne, on voit une ramasseuse de fagots dans le Marais.







Toujours pour augmenter les revenus de la commune, la pêche aux sangsues est mise en adjudication;
pour élever la valeur du produit, il est nécessaire d'interdire à présent la pêche individuelle.
Il en va de même pour le ramassage des bouses. Seulement ces pseudo-professionels
créent des soucis à la municipalité quand, une année d'inondation tardive, ils réclament
de concert une indemnité, estimant que leurs récoltes n'ont pas couvert les frais engagés.



Une singulière affaire oppose Claude Monet à la décision du conseil municipal fin du printemps 1895.
Sous la houlette de son maire, monsieur Durdant, le conseil municipal accepte de vendre
le marais communal à monsieur Rayer, mandaté par la société Rémy, pour y construire une amidonnerie.
Monet s'élève rapidement contre cette décision. Le temps presse; il écrit au Préfet, au sous-Préfet de l'Eure.
Sa protestation s'accompagne de menace de déménagement, de perspective d'effondrement de
l'activité du village par la fermeture de l'hôtel devenu prospère, de la hausse du
coût des terrains et des locations.
En un premier temps, Claude Monet offre d'acheter 31.000 frs les 22 ha. Le maire refuse.
Claude Monet propose alors une donation de 4.000 frs sous réserve de ne pas vendre.
Le promoteur de l'usine monte son offre à 34.000 frs.


Un acquéreur propose « une rente annuelle de 900 francs l'an en trois pour cent francs »
par l'intermédiaire de maître Verniettes, notaire à Gaillon. Proposition faite au conseil
municipal le 26 mars 1895 qui prend une délibération pour le moins grotesque:
« En ce qui concerne la réclamation faite par monsieur Monet, nous ne pouvons l'accepter,
attendu qu'elle est personnelle, car dans le cas d'une création d'une usine, nous n'y voyons
que la prospérité de l'agriculture, »
…...pouquoi pas!...... « et le bien-être du pays .»

Monsieur le Préfet, qui a si bien secouru Monet lorsqu'il a souhaité détourner le ru, considère que
l'offre du peintre de verser 5500 francs pour assainir le marais, à condition que la commune
s'engage à ne pas le vendre pendant 15 ans, est une solution satisfaisante.
Quand le conseil municipal se réunit le 22 novembre 1895 pour délibérer sur l'acte de donation de
monsieur Monet, le maire n'a pas la majorité, et le conseil accepte l'offre.
Pour marquer son désaccord, monsieur Durdant écrit d'une main rageuse sur le livre des délibérations:
« Note. Le Maire de Giverny a refusé d'accepter les 5500 francs de monsieur Monet,
regardant la vente comme étant beaucoup plus avantageuse, l'avenir l'apprendra. Le Maire. »

Ensuite il est envisagé d'utiliser un éventuel reliquat de cette donation,
après satisfaction de son objet principal, pour la construction de cinq lavoirs à cinq places.

Dans les années 1900 il est procédé à une plantation de 250 peupliers
dans le marais, et à un labourage profond sur 5ha80.

« Le Républicain de Vernon » publie un article le 19 septembre 1947, relatant
qu'un industriel se propose de construire une usine de liège aggloméré.

Giverny connut d'autres projets d'aménagement en dehors du marais.
Ainsi, un vaste projet de "bétonneur" dépourvu de sentiments bucoliques, faillit naître sous la
Roullière et sur les Vignettes, avec la construction d'une myriade de magnifiques pavillons.
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Elisa 03-Dec-2012 07:50
Merci infiniment pour cette rubrique ! Qu'y a t'il de nouveau ? L'attrait du profit perdure en tout cas :0) Belle continuation et merci encore Jean Michel et tous les contributeurs bien sûr !
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