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LE HAMEAU DE MANITAUX

LE HAMEAU DE MANITAUX

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Textes d'André Buffet et de Jean-Michel Peers
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art,
excepté Kipp phot. Vernon ( coll. Claude Landais).
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ORGIVAL

Le lieu-dit Orgival ou Val d'Or est nommé ainsi certainement en relation avec la fertilité des terrains
d'alluvions accumulés au fil des siècles par la Seine, qui, en se retirant a rassemblé les noues.
Les herbages sont généreux, les troupeaux florissants. Il n'est donc pas étonnant qu'au cours
des siècles on y aménage de quoi cultiver et pratiquer l'élévage.

C'est ainsi que s'est construit MANITAUX, petit hameau blotti entre le bras de Seine et la colline boisée.
Premier des 8 hameaux de Giverny en arrivant de Vernon, Manitaux est toujours resté isolé du reste du village.
Administrativement, c'est le chemin (l'actuelle rue Georges Carpentier) qui le traverse dans le sens nord-sud
et se prolonge aujourd'hui vers la forêt et la colline d'Orgival par le GR2 qui marque la limite entre Vernon
à l'ouest et Giverny à l'est. Le pont de bois (1907) sur le bras de Seine en matérialise sa limite sud.





Avec les premières cartes postales, le hameau givernois s'identifie différemment suivant la fantaisie du photographe.
Sur certaines cartes on trouve Manitôt ou bien Magnitots, voire Magnéto! Quant au lieu-dit Orgival, on trouve Heurgival
sur un courrier cité plus bas, Orgeval, et même Jheurgival sur une carte colorisée avec le passage à niveau
de Manitaux. (ed.Fautret). Cela fait un peu désordre! Restons précis. Pour nous, c'est Manitaux,
comme écrit sur la carte de Cassini de 1784 et les différentes cartes détaillées de l'IGN.






Dans le genre approximatif, le pompon revient au photographe Kipp, éditeur de cartes postales, mais
aussi photographe des cérémonies locales. La Seine a bien rétréci pour arriver à couler sous le
pont de Manitaux! Il s'agit, bien sûr, du bras de Manitaux, résultant de la rencontre du
ru communal - qui alimente le bassin de Monet - et du bras de Seine 800 mètres en amont.





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CLAUDE MONET et MANITAUX

On sait Claude Monet antimilitariste. Michel de Decker relate le combat, si l'on peut dire, que livre
l'artiste au Ministre de la Guerre Henri Maurice Berteaux. Celui-ci a l'intention d'implanter sur le site
d'Orgival, un champ de tir, à l'usage des hommes du Régiment du Train, en garnison à Vernon.
Monet gagna son combat. En janvier 1905, le ministre de la Guerre signifie par « un ordre écrit
à Monsieur le Général Joffre, directeur du Génie, de choisir un autre champ
de tir que celui d'Heurgival, pour la garnison de Vernon. »


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Au début du 20ème siècle, l'activité de Manitaux se concentre sur la ferme Boyer, qui exploite les terres aux alentours.
On voit bien la ferme sur cette carte, avec ses deux bâtiments au pied de la colline, deux dépendances
à droite et le mur qui sépare la propriété de la voie ferrée qui la longe.





Un original exceptionnel!



A l'aube du XXe siècle, un photogtaphe professionnel anonyme prit ce cliché de la ferme Boyer
où s'entraînera plus tard le célèbre boxeur GEORGES CARPENTIER. Du négatif sur plaque de verre il tira
une épreuve sur papier albuminé de dimensions 11,4 x 8,3 mm, destinée à l'édition de cartes
postales imprimées selon le procédé de phototypie. Hélas, le choix du photographe se porta
ailleurs, et cette épreuve ne fut pas éditée. Elle est antérieure à la venue de Georges Carpentier
à Giverny, puiqu'il n'avait que 13 ans en 1907, date de son premier championnat de France junior.
Cette carte photo est unique. Elle est ''passée'', mal cadrée, mais a le mérite d'exister.
J'aime à penser qu'elle deviendra avec le temps un document historique. (coll. Edith Buffet)

La bâtisse est spacieuse, située à droite au bout du chemin qui mène vers la forêt.
L'endroit est calme et l'air y est pur. Des conditions idéales pour l'entrainement
de sportifs de haut niveau. Dans les dépendances, notre fermier qui sans nul doute
aime le sport, fait aménager après la Première Guerre Mondiale, une salle de formation
et d'entrainement à la boxe. C'est Edouard Picard, maçon à Giverny qui fait les travaux.
On construit même une petite maison tout au bout du chemin, destinée au logement des
boxeurs venant s'entraîner à la ferme. Sur la première des deux cartes ci-dessus,
on devine cette construction en briques sombres au fond, alors que sur la carte
ci-dessous (postée en 1906), elle n'a pas encore été construite.








Ci-dessous, le logement de nos jours. A l'époque, le terrain en pente sur la gauche avait été
aménagé en terrasse, avec une pelouse d'entraînement attenante au logement. (cf. Mr Vincent)






Nombreux sont les sportifs qui viennent s'entraîner sur le ring de la ferme Boyer.
Georges Carpentier en est le plus prestigieux. A 20 ans il combat dans la catégorie
"poids moyens". Six ans plus tard il est champion du monde des "mi-lourds".
Georges Carpentier était sans doute un homme pressé, car Monsieur Boyer avait fait aménager
pour le champion une piste d'atterrissage sur ses terres de la Grand Ile. (cf Guy Colombel)

Parmi ses partenaires, citons Eugène Criqui, un "poids plume", rablé et musclé,
débordant de force et d'énergie, qui, pour parfaire son pas de danse, parcourt
couramment torse nu et en short le Chemin de Grande Communication de Vernon à Bray,
en direction de Giverny, en gesticulant du torse et des bras, comme affrontant un adversaire.





Vient-il de franchir le pré de La Pierre aux Malades, qu'en revenant de rincer son linge au lavoir de la Grande Arche,
une « fraîche femme » (*), clouée d'abord de stupeur, puis sidérée de frayeur, plaque là son linge
au sol et court se réfugier chez elle, la peur au ventre. (propos recueillis d'André Picard)

(*) Les fraîches femmes sont les lavandières.
Elles lavent le linge à la main en été mais aussi en hiver.
L'eau provient de la rivière ou des fontaines; elle est froide l'été, glacée l'hiver.
Il est juste que des rues de village portent le nom de leur profession:
Rue des Fraîches Femmes à La Roche-Guyon et à Villez-Limetz.

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Le BRAS de MANITAUX


Le "Bras de Manitaux" résulte de la jonction du "Bras de Seine", qui prend naissance près de l'Ile
aux Orties en se séparant de la Seine, avec le ru communal, appelé aussi ru de Giverny.
Il marque la limite entre Giverny et Vernon en isolant la Grande Ile, qui n'a
qu'un point de jonction avec Manitaux: le pont de bois.








Au début du siècle dernier il n'est pas rare de voir voguer quelques périssoires, des bateaux à fond plat,
ou des longues barques peu profondes, se frayant un passage parmi les plantes aquatiques.
L'ombre des saules têtards est très fraîche en ces dimanches ensoleillés.
Le centre de ralliement des embarcations est le "port de Giverny", au confluent du "ru
de Giverny" (ci-desous à gauche) et du "Bras de Seine" (à droite) , à "La Pierre aux Malades".













En saison sèche, les charpentiers radoubent et calfatent les embarcations.


Les maires veillent à la bonne circulation de l'eau dans le bras de Seine. En novembre 1911 (un an après les
terribles inondations de 1910) on évoque l'obstruction du bras par des arbres morts.




Les alluvions arrachées aux berges, les matériaux jetés, les arbres morts entravant le lit, il était jadis courant
de faucarder les rivières, ce qui se pratique de moins en moins. Le dragage des fleuves et des rivières
avait pour effet de creuser le fond afin de laisser libre cours à l'eau et minimiser les inondations.

Une situation toujours d'actualité...

A fin 2009, le chenal du bras de Seine était obstrué dès son entrée par la vase, ...



... les saules qui le bordaient, et les berges qui s'effondraient. (photos Jean Flahaut)



Il arrive même qu'aux grosses eaux, au confluent du ru, l'eau remonte le lit du bras en refluant.
Le souci d'envasement qui se posait au début du siècle dernier est toujours d'actualité.

Début 2010, cependant, de nombreux bénévoles, soutenus financièrement par la municipalité
pour la location d'une pelleteuse, ont dégagé le côté Seine et entament la
réhabilitation d'environ 2km de bras jusqu'au "Bras de Manitaux".



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LA CROIX sur la COLLINE




Lorsque le GR2 débouche au sommet de la colline, on arrive à La Croix des Guides.
Non loin du pied de la croix, un important rocher s'étale en forme de belvédère:
rien de particulier en somme, hormis le spectacle d'un point de vue intéressant sur la vallée.
On a longtemps pensé que cet imposant rocher était de nature différente de la roche mère
et qu'il aurait forcément été apporté là il y a des siècles pour marquer un lieu de
cérémonies druidiques. Il ne faut pas être grand géologue pour constater que ce
rocher est constitué de calcaire et de silex, comme les roches de toute la colline.
Si la légende est vraie, il faut chercher la pierre ailleurs sur le même site.
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