Texte d'André Buffet Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art
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La superficie de la commune est de 660 ha.
La surface non bâtie était de 628 ha.
En un siècle la vigne et les cultures céréalières ont été abandonnées;
la nature a repris ses droits, les buissons ont gagné sur les terrains.
Des plantations de conifères et des espèces envahissantes se sont développées.
Le secteur agricole représentait l'essentiel des activités professionnelles,
que se partagaient agriculteurs, vignerons et maraîchers.
Ci-dessus, Monsieur Lebrun, maraîcher, qui habitait au début de la rue du Pressoir.
Avant de se mettre à son compte, il travaillait comme jardinier chez Claude Monet.(cf G.Vahé)
Il a contribué à l'aménagement des terrasses de l'Hôtel Baudy,
créées par Albert Féron, face au premier atelier d'artiste de Giverny.(cf D.Goupil)
Son activité de maraîcher s'étendait de l'autre côté de la route d'en bas, contre l'actuel jardin
d'eau, et vers l'ouest du village jusqu'à la "Maison Rose", ce qui en faisait une belle
exploitation agricole. Les portraits sont ceux du maraîcher et de sa fille Marguerite.
Ce ne sont pas de simples photos de famille, mais bien des cartes postales réalisées
à Paris chez un fabricant de plaques, films et papiers photographiques.
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Il y avait aussi des aviculteurs, oviculteurs, éleveurs et collecteurs de lait et encore ...
... une entreprise de battage, un horticulteur, un maréchal-ferrant et des pêcheurs en eau douce.
Il existait une vingtaine d'exploitations agricoles qui se partageaient 420 ha de terres,
soit en moyenne 20 ha par exploitation. Le reste de la surface non bâtie se répartissait ainsi:
prés ( 60 ha ), vergers et jardins ( 6 ha ), vignes ( 17 ha ), bois ( 106 ha ), landes ( 13 ha ), parc ( 4 ha ).
Le territoire était donc fortement morcelé. Dans certains secteurs de terre réputée,
beaucoup de parcelles ne dépassaient pas 2,50 mètres à 3 mètres de largeur.
Plus de 200 parcelles entre le "Bout de Giverny" et le "Grand Val",
on imagine les difficultés d'exploitation...
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PHOTOS D'EPOQUE de la FAMILLE HERVIEUX
(avec l'aimable collaboration de Nicolle Prier et de Françoise Echaubard)
Entre 1920 et 1925, à la ferme Hervieux
La ferme HERVIEUX et ses dépendances jouxtaient l'est de la propriété de Claude Monet.
Elles étaient séparées par la ruelle de l'Amsicourt. Sur cette photo traitée à partir d'un
négatif sur plaque de verre, on voit la famille Hervieux au milieu des années 20, posant pour le
photographe. De gauche à droite, Louise Hervieux (1886-1965), grand-mère de Nicolle Prier, Kléber
Hervieux, son grand-père (1881-1961), Pierre Hervieux, son oncle, né en 1914, puis son autre oncle,
Paul Hervieux (1908-1993). Sur la charette, on aperçoit sa mère, Suzanne Durupt, née Hervieux (1906-1999).
Une très belle scène rurale, comme les aiment les peintres et les photographes. Elle se situe entre
la ferme et la rue d'en bas, l'actuel chemin du Roy. On remarque la rangée de peupliers bordant le
ru de Giverny et une petite clôture en bois, comme celle qui longeait le chemin et la voie ferrée.
Cette tranche de vie aux champs est intéressante, lorsque l'on pense aux petits différends entre
Claude Monet et les paysans du village. L'un aurait aimé voir les meules rester le plus longtemps
sur place pour les peindre sous toutes les ambiances. Les autres étaient pressés de rentrer le
foin au sec avant les orages de l'été. La question se posait aussi avec les peupliers, qu'il
fallait bien élaguer de temps en temps, au grand dam de l'artiste. (voir à ce sujet la
correspondance entre Claude Monet, son notaire, et Achille Delaplace, instituteur)
Vers 1900, dans les Ajoux
Sur cette photo, on voit Célestine Hervieux (1849-1926) et Leopold Hervieux (1843 -1925),
arrière-grands-parents de Françoise Echaubard. Léopold Hervieux fut maire en 1902. On peut
le voir à la même époque sur une photo en compagnie d'Achille Delaplace et Clément Singeot,
comparant les rendements de l'avoine selon que la terre avait été amendée ou pas (voir ICI).
A droite, Kleber Hervieux (1881-1961), le grand-père de Françoise, vers 20 ans. A l'arrière-plan,
une jeune femme et un enfant au béret basque difficiles à reconnaitre.
Cette photo de la ferme Hervieux se situe autour de 1900. On y reconnait Léopold et Kléber
Hervieux. Au fond, devant le pressoir à cidre que l'on devine, il se peut que la dame à gauche
de la charrette soit l'arrière-arrière-grand-mère de Françoise Echaubard,
née Suzé (décédée en 1904). Sous la toiture, deux pigeonniers.
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LES ACTES DE VENTE DE L'EPOQUE
Autrefois la noblesse et le clergé avaient recours aux chartes pour exercer leurs
prérogatives, affirmer leurs droits, établir et enregistrer leurs biens temporels.
Depuis quelques siècles, la corporation des notaires traite les affaires de partages,
de cessions, ventes, échanges, donations, ect...dans un langage immuablement compliqué,
et parfois emphatique:
Les cartes postales datées du début du siècle dernier, mettent en évidence le morcellement des propriétés.
Les actes notariés le confirment; ainsi le partage entre les familles Himont, Singeot et Auvray enregistré
le 24 novembre 1866, indique que le lot attribué à madame Himont se compose de:
Avant que l'administration napoléonienne n'ait décidé d'inventorier les propriétés du
territoire français en 1838, les notaires désignaient le bien à transmettre de la façon
suivante dans un acte d'échange daté du 20 avril 1835, "Entre le sieur et
Dame Ledanois de Giverny et le sieur Jacques Singeot aussi de la commune de Giverny":
Mais les habitudes sont souvent bien enracinées; malgré la numérotation des parcelles
sur le premier plan cadastral national, il est encore d'usage en 1868 de désigner une
parcelle vendue par le sieur Saintard à Gustave Alexandre Auvray
"qui accepte une pièce de terre labourable sise dans le val, commune de Giverny,
contenant huit ares soixante sept centiares, d'un côté Jean Chevalier,
d'autre côté Jacques Le Doyen, des deux bouts les chemins".
La culture prépondérante était celle des céréales (3 moulins broyaient le grain).
On voit ci-dessous les nombreuses meules, chères à Claude Monet, qui s'étendent
du chemin des vignettes jusqu'au fond de la plaine des Ajoux.
La pomme de terre et la betterave étaient moins cultivées, mais, par contre,
la viticulture occupait 17 hectares de coteaux sur les 60 disponibles.
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