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AGRICULTURE et ELEVAGE

AGRICULTURE et ELEVAGE

Textes d'André Buffet et Jean-Michel Peers
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art
Cartes postales de la famille Lebrun (collection Roland Sorin)
John Leslie BRECK - Automne à Giverny (La Nouvelle Lune), 1889
Chicago, Terra Foundation for American Art, Daniel J. Terra Collection (1989.16)

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La superficie de la commune est de 660 ha.
La surface non bâtie était de 628 ha.



En un siècle la vigne et les cultures céréalières ont été abandonnées;
la nature a repris ses droits, les buissons ont gagné sur les terrains.
Des plantations de conifères et des espèces envahissantes se sont développées.





Le secteur agricole représentait l'essentiel des activités professionnelles,
que se partagaient agriculteurs, vignerons, maraîchers, aviculteurs, oviculteurs, collecteurs de lait.
Il existait une vingtaine d'exploitations agricoles qui se partageaient 420 ha de terres,
soit en moyenne 20 ha par exploitation. Le reste de la surface non bâtie se répartissait ainsi:
prés ( 60 ha ), vergers et jardins ( 6 ha ), vignes ( 17 ha ), bois ( 106 ha ), landes ( 13 ha ), parc ( 4 ha ).









Il y avait aussi une entreprise de battage, un horticulteur,
un maréchal-ferrant et des pêcheurs en eau douce.


Le territoire était donc fortement morcelé. Dans certains secteurs de terre réputée,
beaucoup de parcelles ne dépassaient pas 2,50 mètres à 3 mètres de largeur.



Plus de 200 parcelles entre le "Bout de Giverny" et le "Grand Val",
on imagine les difficultés d'exploitation...
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Les paragraphes qui suivent, en rapport avec la famille Lebrun sont
en cours de modification, suite à la communication de nouveaux documents.

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Je tiens à remercier chaleureusement Louis Dhenin et Florence Beny (famille Lebrun),
qui ont facilité mes recherches en m'ouvrant leurs archives et en partageant
leur souvenirs de famille.

LOUIS LEBRUN, maraîcher

L'histoire de la famille Lebrun à Giverny commence en 1890.
Louis Lebrun arrive de Poissy où il était maraîcher.



Il s'installe en haut de la rue du Pressoir, en face du Hameau et commence par travailler
comme jardinier chez Claude Monet. Très vite, il reprend le maraîchage en famille avec
l'aide de ses deux garçons et ses 4 filles. Il cultive sur un terrain rectangulaire
délimité par la rue d'En-haut, la rue du Pressoir, le chemin du Roy et la rue du
Colombier. Une partie de ce terrain est aussi cultivée par la famille Hervieux.
Au centre, un grand hangar, qui existe encore actuellement. Le maraîcher
exploitait aussi des terres situées sur "La Prairie" de l'autre côté de
la voie de chemin de fer. Il vendait sa production à Vernon.
Louis Lebrun a participé à l'aménagement des terrasses de
l'hôtel Baudy, créées par Albert Féron,face au
premier atelier d'artiste de Giverny.(cf D.Goupil)














Ce ne sont pas de simples photos de famille confinées dans un album, mais bien
des cartes postales imprimées à Paris chez un fabricant de plaques,
films et papiers photographiques.



Le photographe était Mr Demay, photographe professionnel à Vernon.




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ALBERT FRANCOIS PILLON, berger

Un grand merci à Albert Pillon, petit-fils d'Albert-François Pillon et auteur
de "Ma Jeunesse à Giverny", grâce à qui il a été possible de faire revivre,
avec son grand-père, une des activités des givernois d'autrefois.




John Leslie Breck, New Moon, 1889

"La famille Pillon est une famille de bergers. Tout comme les saltimbanques, ils allaient de village en village au gré
des demandes des cultivateurs et ils ont marqué plus particulièrement les villages de Bois-Jérôme et de Giverny."
Ci-dessus, Albert François Pillon et ses moutons, peints par John Leslie Breck en 1889.
Ci-dessous, photographié sur plaque de verre négative,(circa 1900)


Son troupeau ne comptait pas moins de 500 têtes. Les animaux vendus pour la viande ainsi que la
laine tondue chaque année étaient d'un bon revenu pour la famille. Le grand-père Pillon possédait
de nombreuses petites parcelles sur Giverny et Bois-Jérôme sur lesquelles il installait le
parc à moutons. Certaines parcelles plantées de pommiers donnaient au berger son cidre et
le droit de distiller pour obtenir le calvados qu'on prend tous les matins avec le café.
Ainsi coulait le beau temps, de champs en champs, en mouvance continuelle, des Ajoux
à la plaine du Vexin, en passant par les Bruyères de Cossy ou le Fond des Marettes.


En dehors de l'hiver à la bergerie, le berger passait ses nuits dans une
cabane en bois avec roues et brancards pour être tirée par des chevaux
lors des déplacements de parcelle à parcelle. Cette cabane était munie
de deux fenêtres, d'un couchage et d'un tout petit poêle à bois.

La famille Pillon vivait à l'actuel 103 de la rue Claude Monet. La maison ouvrait au nord,
face à la grande porte cochère de la Ferme de la Côte, que l'on aperçoit à l'avant-plan.
A droite, on reconnait les colombages peints de la ferme de la famille Tersinet.



En 1910, la maison fut entièrement détruite par un incendie, mais reconstruite aussitôt,
ce qui prouve que le grand-père avait de l'argent pour ce faire. La nouvelle construction
avait une toiture plus basse et la façade fut placée au sud, à l'opposé de ce qu'elle était,
permettant ainsi d'ouvrir la maison sur la future rue Claude Monet et la rue du Pressoir.



Le 15 mars 1919, à l'âge de 59 ans, Albert François Pillon décède. Il sera le dernier berger
de la lignée Pillon puisque le troupeau et tout ce qui s'y rapporte sera alors vendu.
Les bergers ne disparurent pas pour autant de Giverny. La famille Boscher-Guillemard
nous a confié un document exceptionnel sur la page La Maison du Maréchal-Ferrant
avec le troupeau de Gaston Boudeville remontant la rue du Colombier.

Son fils, Albert Adrien Pillon, alors âgé de 19 ans, partit faire son service militaire,
puis revint à Giverny où il travailla aux pépinières Féron, puis pour Armand Picard.
Lire la suite...



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LA FERME HERVIEUX
(avec l'aimable collaboration de Nicolle Prier et de Françoise Echaubard)

Entre 1920 et 1925, à la ferme Hervieux




La ferme HERVIEUX et ses dépendances jouxtaient l'est de la propriété de Claude Monet.
Elles étaient séparées par la ruelle de l'Amsicourt. Sur cette photo traitée à partir d'un
négatif sur plaque de verre, on voit la famille Hervieux au milieu des années 20, posant pour le
photographe. De gauche à droite, Louise Hervieux (1886-1965), grand-mère de Nicolle Prier, Kléber
Hervieux, son grand-père (1881-1961), Pierre Hervieux, son oncle, né en 1914, puis son autre oncle,
Paul Hervieux (1908-1993). Sur la charette, on aperçoit sa mère, Suzanne Durupt, née Hervieux (1906-1999).





Une très belle scène rurale, comme les aiment les peintres et les photographes. Elle se situe entre
la ferme et la rue d'en bas, l'actuel chemin du Roy. On remarque la rangée de peupliers bordant le
ru de Giverny et une petite clôture en bois, comme celle qui longeait le chemin et la voie ferrée.

Cette tranche de vie aux champs est intéressante, lorsque l'on pense aux petits différends entre
Claude Monet et les paysans du village. L'un aurait aimé voir les meules rester le plus longtemps
sur place pour les peindre sous toutes les ambiances. Les autres étaient pressés de rentrer le
foin au sec avant les orages de l'été. La question se posait aussi avec les peupliers, qu'il
fallait bien élaguer de temps en temps, au grand dam de l'artiste. (voir à ce sujet la
correspondance entre Claude Monet, son notaire, et Achille Delaplace, l'instituteur)


Vers 1900, dans les Ajoux



Sur cette photo, on voit Célestine Hervieux (1849-1926) et Leopold Hervieux (1843 -1925),
arrière-grands-parents de Françoise Echaubard. Léopold Hervieux fut maire en 1902. On peut
le voir à la même époque sur une photo en compagnie d'Achille Delaplace et Clément Singeot,
comparant les rendements de l'avoine selon que la terre avait été amendée ou pas (voir ICI).
A droite, Kleber Hervieux (1881-1961), le grand-père de Françoise, vers 20 ans. A l'arrière-plan,
une jeune femme et un enfant au béret basque difficiles à reconnaitre.




Cette photo de la ferme Hervieux se situe autour de 1900. On y reconnait Léopold et Kléber
Hervieux. Au fond, devant le pressoir à cidre que l'on devine, il se peut que la dame à gauche
de la charrette soit l'arrière-arrière-grand-mère de Françoise Echaubard,
née Suzé (décédée en 1904). Sous la toiture, deux pigeonniers.






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LES ACTES DE VENTE DE L'EPOQUE

Autrefois la noblesse et le clergé avaient recours aux chartes pour exercer leurs
prérogatives, affirmer leurs droits, établir et enregistrer leurs biens temporels.
Depuis quelques siècles, la corporation des notaires traite les affaires de partages,
de cessions, ventes, échanges, donations, ect...dans un langage immuablement compliqué,
et parfois emphatique:





Les cartes postales datées du début du siècle dernier, mettent en évidence le morcellement des propriétés.
Les actes notariés le confirment; ainsi le partage entre les familles Himont, Singeot et Auvray enregistré
le 24 novembre 1866, indique que le lot attribué à madame Himont se compose de:





Avant que l'administration napoléonienne n'ait décidé d'inventorier les propriétés du
territoire français en 1838, les notaires désignaient le bien à transmettre de la façon
suivante dans un acte d'échange daté du 20 avril 1835, "Entre le sieur et
Dame Ledanois de Giverny et le sieur Jacques Singeot aussi de la commune de Giverny":










Mais les habitudes sont souvent bien enracinées; malgré la numérotation des parcelles
sur le premier plan cadastral national, il est encore d'usage en 1868 de désigner une
parcelle vendue par le sieur Saintard à Gustave Alexandre Auvray
"qui accepte une pièce de terre labourable sise dans le val, commune de Giverny,
contenant huit ares soixante sept centiares, d'un côté Jean Chevalier,
d'autre côté Jacques Le Doyen, des deux bouts les chemins".






La culture prépondérante était celle des céréales (3 moulins broyaient le grain).
On voit ci-dessous les nombreuses meules, chères à Claude Monet, qui s'étendent
du chemin des vignettes jusqu'au fond de la plaine des Ajoux.





La pomme de terre et la betterave étaient moins cultivées, mais, par contre,
la viticulture occupait 17 hectares de coteaux sur les 60 disponibles.
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