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LA MAISON COMMUNE ET LECOLE

LA MAISON COMMUNE ET L'ECOLE

Texte d'André Buffet
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art
Documents additionnels, famille Griffon-Picard, Falc'hon-Prévost, Droin-Colombe
et municipalité de Giverny.
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Jusqu'à la Révolution de 1789, l'école communale est vraisemblablement installée dans les
locaux du presbytère, près de l'église (à l'emplacement de la maison à droite sur la photo).
L'enseignement est alors dispensé certainement par les membres du clergé.

Puis la loi du 28 juin 1833 impose à toute commune l'obligation d'entretenir une école primaire élémentaire.
« ….. il importe de donner à la loi tant dans l'intérêt des Lumières que pour afsurer
un sort à celui chargé de les propager toute l'extension possible et l'exécution nécefcère
pour faciliter les progrès de l'instruction. »

L'instituteur est logé; son salaire est une indemnité allouée sur les revenus communaux. Mais en 1834, les revenus
communaux sont insuffisants; la commune prélève son salaire annuel sur les impositions, soit: 200 frs.
Il est toutefois accordé à l'instituteur en sus de son traitement fixe, une rétribution mensuelle
en raison du nombre d'élèves qui fréquentent l'école. Le taux est fixé par le conseil municipal à
60 centimes pour les enfants qui commencent à lire,
80 centimes pour ceux qui écrivent,
1 franc pour ceux qui écrivent et calculent.

Il est noté que «les élèves qui commencent le mois doivent le payer en entier,
et que les parents ne peuvent élever aucun prétexte pour se dispenser de régler cette rétribution.»
C'est bien d'être prévoyant !

La misère sévit souvent dans les campagnes. Les pauvres sont nombreux.
Sans travail parfois, ils espèrent la charité. Il est alors remis à l'instituteur communal
un état des indigents qui sont dispensés de la rétribution votée par le conseil municipal;
il n 'est pas accordé d'indemnité à l'instituteur. En réalité, il lui est remis une somme modique,
le récompensant d'avoir dispensé gratuitement son savoir aux enfants dont les parents ont des difficultés financières.


Les 2 et 6 avril 1843, il est décidé l'acquisition d'une maison d'école à côté de l'église.
Il s'agit de l'ancien presbytère. On souhaite y loger l'instituteur, et utiliser une pièce
spécialement réservée aux délibérations du conseil municipal.
La maison appartient à dame Marie-Thérèse Migeon, propriétaire, demeurant Giverny, veuve de
Juste Etienne Barault, de son vivant homme de loi à Giverny ( ancien garde-champêtre ).

L'immeuble est acheté 4115 francs; les réparations s'élèvent à la somme de 2591frs et 17 cts.
La commune, sur sa demande, bénéficie en 1844 d'une ordonnance royale du roi Louis-Philippe,
l'autorisant à acquérir la propriété pour l'établissement d'une maison d'école.
La réception des travaux de réparation est faite le 21 janvier 1846.

La charge de salaire de l'instituteur est lourde pour la commune;
sans compter celle du garde-champêtre: 250 francs annuels validée le 1er janvier 1931,
et celle du tambour de ville.
A ces charges s'ajoute celle du Bureau de Bienfaisance, qui accorde les secours aux indigents.

Le 1er avril 1849, le maire expose qu'une circulaire l'autorise
à dresser une liste des pauvres, afin de pouvoir leur procurer du secours.
Un état des pauvres est dressé pour tous ceux qui ont leur domicile réel dans la commune.

Il faut savoir que les journaliers, sans domicile fixe, se louent çà et là,
à la journée, à la semaine, pour une corvée, une récolte, puis repartent.



Il en ressort 12 personnes agées de 49 à 84 ans.
Le conseil municipal décide d'accorder des contributions qui, ajoutées aux secours accordés
par le département, permettent de donner de l'ouvrage aux ouvriers, des secours aux plus
nécessiteux, grâce à la charité des personnes un peu aisées; il prie le préfet de donner
des ordres pour arrêter la mendicité et imposer à chaque commune de nourrir ses pauvres.
Les diverses roulières (chemins forestiers) au nord de la commune sont en très mauvais état;
il est organisé des ateliers de charité pour les remettre en état.
Le pont de Giverny permet au négoce de s'exprimer avec Limetz, certes.
Toutefois les indigents plus nombreux dans les grandes agglomérations, ont tendance à
s'expatrier hors des limites de l'ancienne Seine-et-Oise en franchissant l'Epte.



C'est alors que, par décision en date du 9 août 1874, une plaque de fonte est scellée
face à la route de Limetz, interdisant la mendicité dans l'Eure.
La commune pense-t-elle limiter ainsi l'afflux des pauvres?
En 1881 elle sera conduite à subventionner « le Dépôt de Mendicité
de Beaugency » pendant cinq ans. (cf. A Picard)
Le souci de secours aux indigents, aux ouvriers sans travail, aux femmes seules avec
enfants, est souvent présent. La fin du siècle est difficile à affronter.
La publicité par voie de tambour est nécessaire; monsieur Gaumont est proposé aux fonctions de tambour de la commune.
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Les locaux de l'école se révélant à l'usage insuffisants ( 45 enfants fréquentent l'école )
la municipalité prend la décision le 23 novembre 1862 de construire un
bâtiment Mairie-Ecole-Logement de l'instituteur, sur un autre site.











Le terrain d'assiette avait été donné par un Monsieur Roycourt. (cf. A Picard)
La construction est édifiée au pied du coteau sur la rue qui mène à La Chapelle Saint-Ouen,
face au sentier des Vignettes. La construction coûte, travaux achevés, 14.411 frs et 07 cts,
alors que le devis principal s'établit à 13.393 frs 09 cts. La réception a lieu le 31 mai 1868.
Elle est complétée ensuite par l'édification de sanitaires et d'un préau.


Michel Monet et Jean-Pierre Hoschedé sont scolarisés à Giverny en 1884. Leur maître s'appelle Auguste Cellier.
Un livret de caisse d'épargne est distribué à chaque enfant scolarisé à partir de 1897.
Le montant des intérêts, soit 162 francs, du don Monet de 5500 francs
pour « désamidonner » le marais communal, est partagé entre les élèves.
La remise des livrets est organisée le 14 juillet 1897.
La fibre patriotique anime singulièrement nos enseignants.

Ce magnifique cliché (1894 ou 95), montre les enfants scolarisés
et monsieur Auguste Cellier, instituteur de 1881 à 1896. (coll. Anne-Marie Picard)



Trois grands garçons du dernier rang portent à l'épaule un fusil de bois.
« En 1882, le ministre de l'instruction publique, Paul Bert,
avait incité les maîtres à créer des bataillons scolaires,
formés de garçons âgés de 11 ans minimum, équipés d'uniformes
et de fusils de bois fournis par l'armée.
Ils s'agissait de préparer les jeunes à l'esprit de revanche contre l'Allemagne,
après la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace et de la Lorraine. »
( cf. "Vernon et sa région" de J.S.Legendre, L.Le Moal)



Le conseil municipal décide le 25 août 1907 la réfection du ravalement en plâtre peint de la mairie-école.
La réception des travaux a lieu le 15 mars 1908. Après la Seconde Guerre Mondiale,
le ravalement modénature de plâtre est retiré, faisant apparaître les moellons de pierre.


Le journal local « Le Réveil de Vernon », fait paraître le 29 décembre 1945 l'article suivant:




L'année suivante, Jemmy Butler et son épouse renouvellent l'envoi de colis : 180 boîtes de cacao,
60 paires de souliers pour les enfants, 600 kilogrammes de conserves dont l'acheminement
est accéléré grâce à l'intervention de René Mayer.
Un colis est préparé pour chaque ménage et distribué le 30 décembre 1946.

C'est à partir du 1er janvier 1856 qu'est établi une taxe sur les chiens:
1ère classe: d'agrément ou de chasse 8 francs.
2ème classe: de garde des habitations, des troupeaux et d'aveugles 2 francs.
Cette décision parmi d'autres traitées § Le Marais, est motivée par un besoin de revenus
pour faire face aux charges qui pèsent sur le budget de la commune.


NB: J'ai remarqué que les réunions des conseillers municipaux se tenaient très souvent à 13 heures.
A l'époque on vivait à l'heure GMT, c'est-à-dire à l'heure du soleil.
12 |13 heures sont en été les heures chaudes de la journée. Pour un meilleur confort des bêtes de
trait, les hommes arrêtaient leurs travaux pour les reprendre un peu plus tard.






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LES MAITRES D'ECOLE DE GIVERNY






Giverny compta entre 1855 et 1862 un éminent historien en la personne de François C.Lavallée.
Il écrivait dans la revue mensuelle "La Normandie Historique, Archéologique, Littéraire, etc".
Son travail se limitait à l'histoire du canton d'Ecos. Nous y découvrons de nombreuses
rubriques relatives aux villages de cette circonscription, dont Giverny. François Lavallée
travailla sur l'église Sainte Radegonde, révélant d'intéressants détails archéologiques.
On peut consulter ses écrits sur "Gallica", la biblothèque numérique de la Bibliothèque
Nationale de France, en faisant une recherche sur "La Normandie Littéraire".


Une autre personnalité, qui détient le record de durée dans sa fonction, de toute l'Histoire de
l'école de Giverny, fut Achille Delaplace. Il instruisit les petits givernois pendant 32 ans!
C'est pourquoi nous lui consacrons une page spéciale à la suite de celle-ci car,
comme on va le voir, Achille Delaplace était aussi un homme plein de ressources.

En 1928, Charles Bouquet (1892-1973) lui succède et devient l'instituteur
du village pour les 20 années suivantes, jusqu'en 1948.




Classe de 1932-33.




Il y a quelques années, André Picard avait identifié quelques élèves.



1- Gaston Singeot, 2- Jean Singeot, 3- René Lecanu, 4- André Picard, 5- Charles Bouquet,
6- Roger Duboc, 7- Edmond Leroux, 8- Marcel Hirel, 9- .... , 10- Jeannine Barbat,
11- Jeannette Lecreux, 12- Huguette Langlois, 13- Maurice Singeot, 14- Leonard Wheeler,
15- Margerie Wheeler, 16- Georges Féron, 17- ... Féron, 18- Paulette Lecanu, 19- Germaine Pilon,
20- Raymonde Leroux, 21- Jeannine Trichereau, 22 et 23- ...., 24- Gilbert Cardonné

Le certificat d'études primaires et le BEPC sanctionnaient les années d'études du premier cycle.
Ainsi les examens se déroulaient à la préfecture du département à Evreux durant plusieurs jours,
et les élèves devaient prendre pension dans les hôtels de la ville, chaperonnés par un membre de
leur famille. Jacqueline Lamarre, petite fille d'Albert Féron, se rappelle qu'Edith, sa sœur aînée,
s'était rendue à Evreux, tout comme André Picard, son ami de classe. C'est avec émotion
qu'elle a reconnu André Picard sur cette photo et évoqué ces souvenirs avec moi.



Une autre année avec Monsieur Bouquet, mais laquelle?







Le 11 octobre, 1936, à l'issue de l'assemblée générale de la Sociéte de tir, un banquet est
organisé au restaurant Renault. A cette occasion, Charles Bouquet reçoit de monsieur Charlet,
inspecteur de l'enseignement primaire, les palmes académiques.
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