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La Ferme de la Côte et le Clos Morin

La Ferme de la Côte et le Clos Morin

Page extraite de l'album GIVERNY AUTREFOIS
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Textes d'André Buffet
Photographie, mise en page et textes de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art,
excepté cartes 1, 4 et 5 de Roland Sorin,
et carte 2, de Claude Landais.
Photo de Jean-Jacques Ledoyen, de la famille Baudy-Perdrix.
Pastel de Claude Monet, source Christies
Famille Lansival (extrait de "Ma jeunesse à Giverny", par Albert Pillon)
Le Clos Morin, avec la participation de François Suzé
Période 45-50, illustrée grâce aux photos de la
famille Bertrand confiées par Madame Didier Maus.
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1800 - 1945

Adossée à flanc de coteau, la Ferme de la Côte domine le village. Elle est juste au dessus
du Clos Morin, un peu à l'écart du village et bien placée entre le coteau calcaire et la
plaine alluviale des Ajoux. C'est une des demeures les plus anciennes de Giverny,
transformée par ses propriétaires successifs en une ferme confortable.
Les bâtiments d'habitation et d'exploitation sont anciens et figurent
au cadastre de 1836. La « rue de haut », qui borde la ferme, se
nomme, depuis, la rue Blanche Hoschedé-Monet.




L'EXTERIEUR

La plus ancienne carte postale de la ferme fut sans doute éditée vers 1910.
Par rapport au cadastre, on note que la plus petite cour a été fermée par
des bâtiments en bordure de la rue qui mène au plateau. La façade
de la maison d'habitation, à droite du portail, est faite de matériaux
bruts (brique et pierre) non enduits, et on trouve une petite
ouverture, à hauteur de grenier, fermée par un volet.
L'escalier extérieur, s'il y en a déjà à cette époque,
n'est pas visible comme sur les photos suivantes.

Pour l'anecdote, notons que l''imprimeur
avait inversé la plaque photographique lorsqu'il inséra
la légende : la ferme était dans le mauvais sens !
Ci-dessous, la disposition correcte des lieux.




Les cartes ci-dessous montrent l'évolution de la ferme au cours des années.
En effet, on découvre une belle rangée de tilleuls à l'est, un escalier
extérieur, et le toit est maintenant surmonté d'une cheminée.



Ci-dessous, on remarque quelques transformations. La façade a été élargie, si l'on
en juge par la pente de la toiture. Le portail a été déplacé plus à gauche,
permettant l'ouverture d'une petite porte, et, sans doute, la création
d'un petit jardin d'agrément dans la cour, face à la maison. La ferme
du siècle dernier accédait ici au statut de résidence confortable.
La ferme de la Dîme connut la même évolution
début 1900 avec la famille du pépiniériste Albert Féron.




DERRIERE LES MURS

Avant-guerre, sans doute au milieu des années 30, on voit déjà
une belle cour de ferme d'agrément, plantée, et garnie de pelouse.
Le grand portail blanc sur la rue est hors de l'objectif du photographe,
à gauche de l'allée de graviers au bas de l'image. Au fond, on trouve
une horloge sous la toiture, à hauteur de l'escalier menant à l'étage.
Au pied de l’escalier, on voit Madame Lansival, la femme du régisseur
avec le chien de la ferme. A gauche, on voit les clapiers à lapins.
La laiterie est sur la droite.(cf Albert Pillon)




En contrebas du bâtiment d’habitation principal, une allée de tilleuls borde
le chemin menant au verger et au jardin potager vers l’est.





Les REGISSEURS de la Ferme de la Côte

Jean-Jacques Ledoyen, père d'Angelina Baudy fut un des fermiers de la ferme.
On le voit ici devant l'atelier où Lucien Baudy, son beau-père, réparait les machines à coudre.

Lorsque les premiers peintres américains arrivèrent chez Baudy en 1886, la ferme de
la Côte devint un de leurs lieux d'hébergement, car Angelina manquait de place
pour recevoir cet afflux de peintres tombés amoureux de Giverny.


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On sait peu de choses sur la ferme à cette époque, si ce n'est que son propriétaire
était le Comte Jacques de la Lombardière, contemporain de Claude Monet.
En 1913, celui-ci envisagea de faire élaguer ses peupliers au bord de l'Epte,
dont le le peintre avait commencé la "série". Ce fâcheux incident fit l'objet
d'un échange de courrier entre Claude Monet, Maître Baudrez, son notaire,
et Achile Delaplace, l'instituteur du village. Cette correspondance a
été conservée par la famille et se trouve sur la page de l'instituteur.
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Nos recherches sur la Ferme de la Côte et son propriétaire nous ont amené
à découvrir ce PASTEL DE CLAUDE MONET, « ferme normande sous les arbres »



Ce pastel appartenait à l'origine à Monsieur de la Lombardière, qui le tenait
directement de l'artiste. Nous le retrouvons en salle des ventes chez
Christies (vente du 9 mai 2000 à New-York, pastel sur
papier bleu, dimension 32.4 x 22.5 cm. Illustré dans le Catalogue
Raisonné de D. Wildenstein, Lausanne, 1991, vol. V, p. 168, no. P74.

Etait-ce un cadeau du peintre pour remercier le propriétaire des peupliers d'avoir
retardé l'élagage de ceux-ci? Etait-ce un achat? Etait-ce une partie ombragée de
la ferme de la Côte, un autre lieu du village ou ailleurs en Normandie?
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La famille Lansival

Monsieur Lansival était le fermier avant la Deuxième Guerre Mondiale.
Albert Pillon en fait mention dans son livre de souvenirs. La ferme
et la maison Pillon étaient à deux pas l'une de l'autre.

"Nous nous retrouvions souvent à la Ferme de la Côte pour jouer avec Jacques Lansival qui avait
environ un an de plus que moi. Il y avait là de nombreux bâtiments et avec les cinq fils et une fille,
la maison regorgeait d’activités. La ferme était la propriété d’un Monsieur De La Lombardière
qui ne venait que très rarement. Le père Lansival, un gros et grand bonhomme aux cheveux roux
et à la voix forte, régnait en maître sur ce domaine. Nous nous tenions loin de lui.

Par contre Madame Lansival était une dame douce et gentille. Elle nous faisait d’excellents goûters
au miel parce qu’il y avait là plusieurs ruches. Le miel était conservé dans des grands pots
en grès et elle nous laissait y plonger notre cuillère, ravie de nous voir heureux et repus.
"Cela est bon pour guérir le rhume", nous disait-elle, parce que nous avions toujours
la goutte au nez tout au long de l’hiver, sans doute grâce aux culottes courtes
que nous portions malgré le froid et l’humidité de ce coin du pays."


1940

Jacques Lansival fut sans doute la première victime givernoise du début de la guerre.
Arrivant de l'est par la rue Claude Monet, un long convoi de camions tirant des canons,
avec des chenillettes, se dirige vers Vernon. Pour mieux voir le convoi depuis la rue
d'en haut, le jeune Lansival se juche sur sa bicyclette, et s'agrippe à un poteau.
Hélas, il perd l'équilibre et tombe sur la route à l'arrivée d'une chenillette.
Il est tué sur le coup.
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A partir de 1945

En décembre 1945, le Comte de la Lombardière vend la ferme à la famille Bertrand,
qui en fait sa résidence secondaire jusqu'en décembre 1950. Aux privations de la
guerre succède la joie de vivre et de consommer. Les citadins qui le peuvent passent
leurs fins de semaine à la campagne, chez eux ou en hébergement familial. C'est le
retour à la nature et aux loisirs. L'engouement pour la photographie permet aussi
de remplir les albums de famille qui deviendront autant de témoignages de l'époque.

C'est à leur fille Catherine, (ici, à l'âge de 3 ans) , devenue, depuis, Madame Didier Maus,
que nous devons les photos de la ferme de la côte au début des "Trente Glorieuses".
Merci de les faire revivre pour illustrer le Giverny de cette époque.



Les 3 photos suivantes prises entre 1945 et 1950 sont complémentaires,
car on voit, une fois le portail ouvert, toute la cour, de gauche à droite.
L'horloge a disparu de son emplacement d'avant la guerre.



L'entrée de la cuisine se trouvait à gauche de la voiture, avec ses deux fenêtres.
C'est encore le cas de nos jours.





Les Bertrand avaient aménagé des box pour leurs chevaux de course.
Auparavant les écuries se trouvaient dans le dernier bâtiment à l'ouest.



Ci-dessous, on voit la façade est de la maison, perpendiculaire à la rangée de
vieux tilleuls menant au potager. Depuis les premières photos au début du siècle,
la ferme a définitivement évolué en une résidence confortable.




L'après-guerre a vu ainsi une transformation progressive de l'habitat rural en résidences
secondaires dans un rayon d'une centaine de km autour de Paris. C'était à la mode...

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AUTOUR de la ferme à le fin des années 40

La ferme de la Côte surplombe le village de quelques dizaines de mètres, mais les terres attenantes
se prolongent jusqu'en haut de la colline. C’est l’emplacement idéal pour photographier les environs.
Ci-dessous, quelques rares photos du quartier du pressoir et des environs à la fin des années 40.
Du haut de la colline, on embrasse toute la ferme, le quartier du Pressoir à gauche et le clos Morin
à droite. Le grand hangar à droite est devenu propriété de la Fondation Monet dans
les années 80 pour ses activités liées au jardin de l'artiste.




Ci-dessous, une vue prise sans doute de l'escalier extérieur sur la façade. On reconnait le volumineux
transformateur électrique en pierre de pays au centre, la ferme Duboc à gauche,
et le second atelier de Claude Monet avec sa grande verrière.



Vers l'est, on reconnait la Musardière avec sont toit brisé à la Mansard et, au dessus, en plein champ,
le chemin devenu par la suite la rue Hélène Pillon, bordé maintenant de nombreuses maisons.


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Devenue résidence secondaire, la ferme de la côte était-elle encore en exploitation? On trouve
sur l'album de la famille Bertrand les deux photos suivantes sans plus de précisions.
Albert Pillon a bien connu la ferme de la côte avant 1945, mais était ensuite au collège à Vernon
puis à la SNCF et n'a pas connu les Bertrand. Il peut préciser quelques photos...

Ramassage des gerbes et moisson: il ne reconnait personne, mais Il lui semble que la photo est
à l’envers car le bâtiment à gauche est l’école et il s’agit du clos Morin bordé par
un tel mur. Le toit de l’école est bien typique avec sa cheminée.



Moisson avec un Dodge 4x4 de l'armée américaine, engin sur lequel il a passé son permis de conduire.
C'était peu habituel pour le Giverny rural de l'époque.










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LE CLOS MORIN

Juste sous cette belle Ferme de la Côte, le Clos Morin,
vaste terre au milieu du village, est ensemencé de céréales.



Chaque année la moisson est un grand moment de l'année pour un agriculteur.
Elle est le fruit de son travail et l'assurance de sa prospérité. Les céréales sont coupées à la
faux. Assemblées en gerbes, les tiges porteuses d'épis sont liées et regroupées en dizeaux (dix
gerbes par tas monté en pyramide). Exposées au soleil, les tiges encore vertes sèchent. Lorsque
le nombre de dizeaux est suffisant, les cultivateurs les rassemblent et dressent la meule.

Les gerbes sont orientées épis vers l'intérieur, afin de protéger le précieux grain de l'humidité.
Pour améliorer le séchage, une cheminée est aménagée au centre permettant à l'air de circuler à
l'intérieur de l'édifice. Le ruissellement est minoré en augmentant le diamètre de la meule au
fur et à mesure que les dizeaux s'empilent. Au niveau convenu le toit est formé, et couvert de
paille de seigle. La meule est ainsi mise à l'abri des intempéries. Une coutume ancestrale
consiste à planter en son sommet un bouquet de fleurs des champs garni de rubans, lié de
foin sur un bâton. Le « bouquet final » placé au faîte de la meule est une sympathique
tradition, connue dans divers métiers: charpente en particulier. Il est signe de
fête et de satisfaction du travail accompli. Lorsque le grain aura séché,
l'ouvrage sera démonté en vue du battage.


(photo confiée par Mr et Mme Jean-Paul Vauvelle)



De nombreuses cartes postales mettent en situation des activités agricoles où figurent des
givernois. Mais la prise de vue se fait souvent en plan large, comme ci-dessus.
Le manque de définition rend souvent difficile l'identification des personnes.
Ce n'est qu'en comparant avec des photos de famille que l'on retrouve parfois
les grands-parents et arrière-grands-parents de givernois d'aujourd'hui.
C'est le cas ici sur cette carte postale du clos Morin, avec la mairie
sur la gauche. Debout sur la meule à demi montée, on devine
Eugène Suzé, propriétaire de la ferme de Falaise.



Nous le retrouvons ici lors d'une réunion de famille à l'occasion de la fête
de Pâques en 1946. C'est bien Eugène Suzé, avec quelques années de plus.
Voir aussi l'Album des familles givernoises.


(photo famille Suzé)
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