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LE CHEMIN DE FER

LE CHEMIN DE FER

Texte d'André Buffet
Photographie et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for American Art
Photographie de Madame Aulnette et Adolphine (collection Roland Sorin)
Locomotive au hameau de Falaise (photo de 1969, collection famille Suzé)
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LA CONSTRUCTION DU CHEMIN DE FER D'INTERET LOCAL DE GISORS A VERNON

Le tronçon Gisors-Vernonnet est mis en service en 1869, alors que les travaux commençent en 1865.
Pour mémoire, je rappelle que la Seine est franchie à la hauteur de l'Hôtel de France à Vernon.
Le pont métallique est inauguré en 1870.
Le tronçon Vernon-Pacy-sur-Eure est ouvert au trafic en 1878.

Les quarante kilomètres qui séparent Gisors de Vernonnet sont jalonnés de nombreux ponts,
gares et passages à niveau. Les localités désservies sont prospères: agriculture,
élevage de la plaine du Vexin Français, industries des villes de la vallée d'Epte.

La voie est unique. Le trafic est néanmoins important, car, avec l'essor des industries
du début du siècle, le transport des matières volumineuses ou denses fait privilégier
le rail à la route. Les voyageurs trouvent enfin le moyen de rencontrer d'autres horizons
à moindre frais et presque rapidement! Il faut se rappeler qu'à cette époque, on voyage à pied,
à vélo, ou en voiture à cheval.





La gare de GIVERNY-LIMETZ se situe à 4kms de Vernonnet; Vernonnet à 1km de Vernon.

Il faut presque deux heures pour joindre Gisors à partir de Giverny. Les trains omnibus
se croisent aux grandes gares. La traction est évidemment due à la vapeur, le
combustible est bien naturellement le charbon.

Trois convois cheminent aller-retour, chaque jour, sur la ligne.
Ils transportent souvent des marchandises et des voyageurs.
Depuis l'origine, les "Chemins de Fer de l'Eure" exploitent la ligne.
En 1892 la "Compagnie de l'Ouest" assure la relève.
La traction est assurée par des locomotives 120T et 030T. Ce sont des
machines-tenders, comme celle-ci, photographiée en gare de Gasny.



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En partant de Vernonnet, le premier passage à niveau de Giverny
coupe la ligne à Manitaux, pour desservir la "Ferme Boyer".
Un panneau émaillé invite l'usager à veiller au passage des trains:
"PRENEZ GARDE AUX TRAINS".
Les chauffeurs de locomotives ne manquent pas de signaler leur présence à l'approche de la route.
La barrière s'abaisse pour fermer le passage. Elle est commandée par le garde-barrière au moyen
de cablerie. La maison du garde-barrière se situait au "petit pré", à l'entrée du
"Bout de Giverny" près de ce qui fut une station-service.



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Le train franchissait le "ru communal", "petit ru" ou "ru de Giverny" une première fois au pont
de la "Grande Arche" pour passer sur la rive gauche. Il repassera 1 km plus loin sur la
rive droite au pont de la "Petite Arche" pour y rester jusqu'à la sortie du village.



L'étude du tracé, l'implantation des gares et des ouvrages de toute nature, sont proposés
aux municipalités pour avis. Ainsi, le tracé de la ligne impose à la Compagnie le
changement de direction du "Chemin d'Intérêt Commun de Vernon à Gisors".




Ce passage permettant de traverser la voie ferrée se trouvait à la limite entre le jardin
d'eau de Claude Monet et ce qui devint la peupleraie de la Fondation Terra.



Nous sommes pratiquement au droit de la ruelle de l'Amsicourt. On retrouve la
maison Desjardins, à l'angle de la rue Claude Monet et du chemin du Roy. Au lieu
des quelques trains par jour et les promeneurs du chemin à gauche de la voie ferrée, c'est
aujourd'hui une moyenne de 8000 véhicules par jour qui circulent entre les deux jardins
de Claude Monet! Etat de fait incontournable pour les uns, mais nuisance réelle en
site classé - le lieu touristique le plus visité de Haute-Normandie - pour d'autres.
Entretemps, les descendantes des vaches sont allées paître ailleurs... au calme.




Au fond, le moulin des Chennevières et sa dépendance. Le chien semble avoir
choisi de remonter vers le village par la rue des Corbichons (rue du Colombier)



Autres temps, même lieu sous une fine neige. La route a remplacé le rail. Le lierre a envahi la toiture
et embrassé la cheminée. Avec ce rouleau compresseur d'autrefois, on pourrait s'y croire encore.
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Le 14 mai 1866, le maire propose à la Compagnie de rétablir ce chemin au
milieu du village plutôt que le long de la ligne projetée. Malgré de bonnes
raisons énumérées, la Compagnie n'a pas tenu compte des observations du maire.



De même le 9 juin 1868, pour ce qui concerne la halte projetée à Giverny,
on considère en mairie que l'intérêt du pays demande qu'elle soit placée
à l'endroit où la rue des Corbichons traverse le chemin de grande
communication près du "Petit Moulin".
La Cie du Chemin de Fer n'a pas retenu l'observation du maire, qui pourtant eût
intéressé monsieur Claude Monet. Il a l'habitude d'arrêter le convoi par un geste
de la main, au bas de sa propriété, quand il se rend en ville.
A l'emprise des installations sur le territoire communal, correspond une indemnité
octroyée par messieurs Claverie et Desroches, concessionnaires du Chemin de Fer,
qui "proposent une offre de 4000 francs, pour 65 ares, pour cause de dépréciation
ou en raison des plantations existant sur les terrains à acquérir" (délibération du 15 juillet 1868).
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LA GARE DE GIVERNY-LIMETZ










Madame Aulnette est depuis très longtemps la préposée à la distribution des billets,
et la responsable de la barrière du pont de Limetz. On la voit ici devant l'entrée.
Assise sur le banc, Adolphine, repasseuse attitrée de Claude Monet, arrière-grand-mère
de Jocelyne Lecanu, à qui nous devons ce document de famille.

Le passage à niveau est équipé de barrières à pousser pour les véhicules, et d'un portillon
pour les piétons. Il en coûte 5 sous (25cts) pour se rendre de Giverny à Vernonnet.
"Le 15 novembre 1896 des remerciements sont adressés à monsieur Claude Monet pour un don
de 210 francs destiné à l'acquisition d'une bascule pour peser les bagages à la gare".(cf. A Picard)

Les délaissés de la route et de la voie ferrée sont livrés en pâture
à ce magnifique lapin. L'herbe y est grasse et drue.



Sa prison grillagée est sa demeure. Il ne manque que la liberté pour rendre ce mammifère heureux!

En 1939, le 1er juillet, le dernier train-voyageur parcourt les derniers soixante kilomètres du réseau.
Le 15 novembre 1965, les installations sont désaffectées et plus tard démontées de Vernonnet à Bray-Lu.
Au hameau de Falaise, le dernier train s'arrêta en face de la ferme, pour permettre à la famille Suzé
d'en garder un souvenir, avec René Suzé sur la locomotive. (date au dos, mars 1969, coll. Suzé)





Le dernier tronçon en service : Bray-Lu (usine de la "Vieille Montagne") - Gisors fonctionne
encore au début des années 1980 avec la traction diesel pour le transport des marchandises.

Je renvoie le lecteur à l'ouvrage de Monsieur Roger Dordet:
"Histoire de la Ville de Vernon" : les transports - le commerce.
Le sujet, très documenté, est traité avec maîtrise.
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