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SPECTACLE PLAINES LUNES du 13 au 17 août 2008 pour souligner le 100e des Plaines d'Abraham à Québec / A SHOW FOR THE 100e
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100E DES PLAINES D’ABRAHAM
Plaines lunes: un spectacle imposant avec ses 650 figurants et ses 32 chevaux.
par Olivier Artis
14-08-2008 | 15h55
La première de Plaines lunes, le spectacle impliquant 650 figurants qui souligne le 100e anniversaire des plaines d’Abraham, s’est tenue hier soir. L’auteur et metteur en scène français Dominique Martens s’était engagé à retracer les grands faits historiques du Québec avec une dose d’humour: promesse tenue!
L’histoire commence en 1908, alors qu’un jeune artiste, Théo, peint les plaines d’Abraham, comme il en avait l’habitude. Les premiers figurants vêtus de jaune apparaissent d’un côté du décor naturel et d’autres figurants en rouge se montrent de l’autre extrémité. Ils dansent et se mélangent comme les couleurs qu’appose l’homme sur sa toile. Sa quiétude fut brusquement troublée à l’arrivée d’Ève, la fille du professeur Arthur, directeur de l’observatoire astronomique.
Le narrateur en profite pour donner quelques explications au sujet de ce bâtiment qui indiquait l’heure aux navires qui entraient dans le port de Québec. Les spectateurs apprennent aussi qu’une créature, Marie-Josephte Corriveau, hante l’édifice et dérègle le temps. Elle retourne tout le monde dans le passé et fait également un saut dans le futur.
Mêlé
Le premier personnage à surgir est Abraham Martin, en 1620, qui faisait paître son bétail sur les fameuses plaines qui porteront son nom. Puis, un bateau à voiles navigue au loin, dans une allée du parc. Il a d’abord été présenté comme celui de Jacques Cartier, puis de Samuel de Champlain. Et oui, les aiguilles de l’horloge tournent dans tous les sens, difficile de savoir de quel navire il s’agit! Le public est aussi un peu mêlé, il ne sait plus à quel saint se vouer. Cela a le mérite de le faire fouiller dans ses vieux souvenirs de cours d’histoire.
Que seraient les Plaines sans la guerre? Celle de Sept Ans, l’affront du marquis de Montcalm et du général Wolfe, le 13 septembre 1759, ou le cowboy Buffalo Bill et son spectacle de 300 chevaux, en 1897, ou encore, la conception du parc par Frederick G. Todd, en 1909, sont autant d’événements relatés, en plus de faits plus cocasses. Par exemple, 750 tentes ont été implantées dans le parc pour loger les visiteurs venus fêter le tricentenaire de la capitale, mais certains ne retrouvaient pas leur abri de fortune, le soir, après quelques verres. La police devait alors intervenir très fréquemment.
Tout le spectacle est ponctué de faits marquants mettant en vedette les figurants. La notion historique est la base de cette fresque qui n’est pas pour autant lourde. Les faits sont évoqués et bien traduits visuellement par les personnages en costume d’époque. Fortifications, observatoire, fort, bateau, canons et accessoires, tout est fait pour que le spectacle s’approche de la réalité, malgré une simplicité des décors.
Qu’advient-il de Théo dans toute cette affaire? Il essaye de peindre éperdument, mais n’a plus la paix qui règne habituellement dans son coin de verdure. Et pour cause, la fin du spectacle est dédiée à deux adolescents qui jouent à un jeu vidéo. Lequel? Celui qui leur permet de refaire le passé et l’affront du 12 juillet 1759, entre Français et Britanniques, sur les Plaines.
Cette reconstitution grandeur nature offre un tableau clair et réussi. C’est le plus imposant.
Dominique Martens, le metteur en scène, a produit des jeux de lumière qui font leur effet dans la végétation des Plaines. Il fait passer l’assistance d’une époque à une autre avec des styles de musique parfois très différents, avec Dominic Laprise aux commandes. Pas de temps mort ou de coupure, les numéros s’enchaînent bien. Et, concept oblige, les comédiens et figurants évoluaient sous… une pleine lune.