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Sensations ŕ part (Afrique du Sud)





Réconciliation désert

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Eaux similaires

Novembre 96.
Tranquillité camaïeux.

Je serre jalousement
Une poignée de grands espaces dans la main…

Onde.
Platine grise.
Un rai de puissance découpe une perpendiculaire,
Où se mémorisent les estivales refroidies.

En face,
Sur des quais de diplomatie craintive,
Des négociations ombreuses débattent dans le luxe.
Arcanes de l'hôtel Noga-Hilton, Genève est entremetteuse.
Nous sommes en 1990.
Thabo Mbeki, Aziz Pahad, Mike Louw et Maritz Spaarwater
Echafaudent des accalmies pour l'Histoire.
Ils respectent une discrétion toute suisse :
Ils sont nantis de faux papiers.

Analysant les eaux turbulentes du jet d'eau de la ville,
J'y découvre des saveurs de Zambèze.

Jo'burg

1885.
Point.

1886.
Le haut veld du Transvaal est prêt pour le grand bouillonnement.

1886.
Un certain George Harrison trébuche sur des stigmates de présence aurifère.

Langlaagte :
Les hommes creusent, grattent, piochent.
Ils minent la région, organisent leur profit ;
Les Noirs sont disponibles.
Le gisement le plus riche enfante Jo'burg.
Or, aspiré de terre,
Johannes Rissik et Johannes Joubert
Sont une parenté fonctionnaire ;
La cité est le vibrion de tous les instants.
Fuyez Kimberley et ses diamants démodés.
Entassez-vous dans vos camps de toile et de tôle ondulée.
Soyez le sang blanc de la nouvelle cité.
Attirez à vous capitaux, ingénieurs et banques.
Montrez votre richesse et votre fierté Boer
Aux confins des bars et des bordels.
C'est ainsi que l'or exulte.

De 1871 à nos jours,
De Cecil Rhodes à tous les holdings,
La De Beers Co. vit son hégémonie.
Les Randlords sont les seigneurs de l'endroit.

Aujourd'hui,
Le cartel de gratte-ciel prospère encore,
Ilot tanguant sur les crêtes semées d'écueils
De la violence des grands ensembles.
Prudence requise dans le centre.
Les véhicules de la Paraguard Security Police veillent.
Diamond Building polarise tous les bleus célestes
Sur ses flancs vitrés.
Seules ses armatures métalliques le distinguent de l'ozone.
Il est le caméléon permanent du ciel.

Sorciers, guérissez au pied des gratte-ciel,
Frères élancés des amorphes terrils proximaux.

Townships :
« Loin des yeux, loin du cœur. »
On a tenté de les soustraire,
Comme par honte, aux regards ;
Mais l'expansion sournoise des autoroutes les frôle,
Les rend obligatoires.

On perçoit en périphérie de la cité,
Les terrils de l'exploitation minière.
Certains, désormais inutiles, survivent,
Monuments historiques.
De leurs alignements de puits,
Les mines déjettent encore laborieusement
De la sueur noire.
Elles offrent à Jo'burg son étrange relief.
Les gratte-ciel du quartier affairiste
En sont la charpente de profit.

La fille de l'or flirte
Avec les longs serpents évidés
Qui courent sous la ville :
Les galeries fourmillent.

Les nom des rues sont la mémoire
Des pionniers, des prospecteurs, des pépites et des filons.

Les élans violacés des jacarandas parsèment les avenues,
Sont la carapace pacifiée de la criminalité.
La douceur des résidences d'un quartier paisible, Randburg,
Nous offre demeure au Randburg Inn.

Tournis mégalopole

Le sommet du Carlton Center
Est le tournis panoramique de Jo'burg,
Où se quadrillent des similitudes avec Manhattan.

Rez-de-chaussée,
27 secondes,
50ème étage.
Quelques «G» nous visitent verticalement.

Les avenues, droites et délirantes,
Abusent des fuyantes,
Accrochent l'horizon,
Déroutent les autoroutes,
Disparaissent et reviennent.
Elles sont les maîtresses de tous les véhicules.

Soweto

1976 - 1996 : vingt ans plus tard.
700 morts.
4.000 blessés.
Des écoliers.
Juin 1976.
Soweto :
L'Afrikaan est la langue de l'oppresseur.
Un bref différent avec Andréa, au Randburg Inn,
Montre que la quasi-totalité du groupe opte
Pour la visite accompagnée de Soweto.
Nicholas sera notre garde noire rapprochée, visa indispensable.
Land Rover et Casspirs braquent leurs feux aveugles,
Ouvrent un feu nourri.
Soweto,
SOuthern WEst TOwnship.
Soweto,
Reptile tentaculaire de 20 km sur 15.
Soweto,
Il y a dans ce pays, une fracture…

Doit-on s'excuser d'avoir visité Soweto ?
Doit-on visiter pour savoir ?

Reportage - voyeurisme : quelle frontière infime.
La visite de Soweto, toute surfaite quelle soit,
Revêt encore les séquelles des temps passés récents.
La balle est une flèche d'argent.
Qui consume les chairs, complice de traîtrises.
Précise, elle entre par le dos,
Ressort par le thorax en volant le cœur.
Silence !
Il ne s'est rien passé.
Quelle leçon de se sentir gêné
Au milieu de ces enfants,
Somme toute souriants à notre présence,
Au milieu de ces enfants,
Qui caressent, incrédules, les jambes poilues des visiteurs blancs.

Mais le malaise perdure, épais et engoncé,
Dans les artères putrides,
Dans des yeux où l'espoir s'est noyé.
On vit, acceptons-le.
Larmes, fleuve de Soweto.
Le jour le plus noir.

Un flot de sang noir abreuve la Township, ce soir.
Amandla !
Entrée dans «the ugly part» .
Au sein des fétus de grillages, de briques et de tôles ondulées,
La vie persiste, s'accroche vivace.
Extérieur de crasse miséreuse,
Cœur du «logis» propreté,
Comme pour accueillir des visiteurs inexistants.

Extirpez la tôle, martelez-la de rythme ;
La musique jive est un sourire permanent ici.
Saute les grilles de la liberté !
Les grilles sont hautes et ton espoir s'y agrippe.
La police ouvre le feu.
Le sang abreuve ton agonie
Grondements sourds de la révolte.
Ta peau devient barbelé noir.
Les stigmates sont insolubles : tu existes encore.
Le musée dédié aux événements de 1976 martèle les consciences.
Le noir et blanc des photos est un affrontement de contrastes,
Où les vainqueurs sont aussi perdants.
Sur l'un containers de l'expo,
Des lettres rouges de haine clôturent le débat :
« Fuck the system. »
Sur la stèle érigée par la jeune ligue de l'ANC,
Et inaugurée par Nelson Mandela, le 16 juin 1992 :
« In memory of Hector Peterson
And all other young heroes and heroines of our struggle
Who laid down their lives
For freedom, peace and democracy. »
Le sabotage des lignes à haute tension
Ramène la structure métallique vers le sol ;
En germe des barbelés à lame de rasoir.
Haute tension.
Dernier container pour contrition passive.
Le livre du souvenir m'arrachera
Des mots simples, après un blocage :
« So many sad pictures on TV.
Hope it's finished now ! »

Les dieux sont tombés sur la tête

Les dieux sont tombés sur la tête ;
Ils étaient catholiques, blancs et européens.

C'est dans le Livre et,
Si ça n'y est pas,
ça devrait y être.
« A la fin, ils seront nos égaux… »
Mais, Dieu merci,
Nous serons morts et les enfants de nos enfants aussi,
Il faut espérer.

Les fermiers Boers ne sont pas vraiment racistes :
Ils se contentent de tenir les Noirs «à distance de fusil».

A l'instant où la nuit éteint une à une
Les couleurs du veld,
La crainte des hommes invisibles la nuit
A envahi les Boers.
Refuge défensif, appel à Dieu.
Nous sommes le peuple de l'Alliance,
Les élus du Créateur entre tous.
Aveugles croyances.
Toutes ces convictions ne peuvent mener
Qu'au «développement séparé».
La Bible de la réforme hollandaise érige les dogmes.
Noé : blanc,
Cham : noir.
Ivre, Cham se moque de Noé.
Celui-ci condamne sa descendance à l'éternelle servitude.

« Jamais je ne partagerai mon repas avec un Zoulou. »
Esprit du laager.
Résultat :
Neuf «homelands», neuf mini-états tribaux,
Dotés d'une illusion de pouvoir,
Encerclés par la Nation Blanche.

Daniel Malan fût le déclencheur ;
Suivirent toutes les troupes de terreur
Armées de leurs leaders politique :

Johannes STRIJDOM
Hendrick VERWOERD
Albert HERTZOG
Johannes B. VORSTER
Pik BOTHA
Chris HEUNIS
Pieter BOTHA

ASSEZ !!!

Les cloisons se referment, hermétiques.
Le peuple noir devient l'ombre
D'un soleil trop blanc.

Le raisin vinifie le sang de toutes les oppressions.
Défiez les lois injustes.

Souffrez vos ingérences torves,
Goûtez au fer de toutes les lances.
Je reviens marcher sur vos tombes.

Asimbonanga (Mandela)

Asimbonanga
(We have not seen him)
Asimbonang'uMandela Thina
(We have not seen Mandela)
Laph'ekhona
(In the place where he is)
Laph'ehleli khona
(In the place where he is kept)


Umkhonto we Sizwe : branche armée de l'ANC, la «Lance de la Nation».
Nelson Mandela est rebelle.
L'African National Congress et le Pan African Congress
Sont les trublions de la nation.
Aujourd'hui, 8 avril 1960,
Ils deviennent illégaux.

Oh the sea is cold and the sky is grey
Look across the island into the bay
We are all island ‘till comes the day
We cross the burning water


Le procès de Rivonia referme ses portes geôlières ;
L'Organe Supérieur de l'ANC rejoint les affres de perpétuité de Robben Island.

A seagull wings across the sea
Broken silence is what I dream
Who has the words to close the distance
Between you and me


Robben Island, île volée :
Ta devise est «Ons dien met trots»,
Devoir et fierté.
Marteaux, cailloux, barbelés.

Steve Biko ? Victoria
Mxgenge / Niël Aggett
Asimbonanga
(We have not seen him)
Asimbonang'umfowethu thina
(We have not seen our brother)
Laph'ekhona
(In the place where he is)
La wafela khona
(In the place where he died)
Hey wena
(hey you)
Hey wena nawe
(Hey you and you as well)
Sizofika nini la'siyakhona
(When will we arrive at our true destination ?)

Zoulou et anglais par Johnny Clegg

Les nouveaux voortrekkers

Des aurores encore noctambules
Nous dictent le signal du départ.

Mercedes nous a dotés d'un atour luxueux.
Le camion de Karibu Safari est rutilant,
Dévoile son confort avec faste.
« Certified to carry 17 passengers ».
Le froid électrique du congélateur
Couplé à celui naturel des glaciaires,
Sera la réponse aux trop fortes chaleurs
Que ne manqueront pas de nous asséner
Kalahari, Namib et autres cousins torrides.

Objectif six mille kilomètres pour vingt-deux jours,
Pour une boucle merveille nommée Southern Cross Safari.
Les espaces généreux de l'habitacle
Autorisent nos jambes à jouir de toute leur longueur.

Annarita Du Plessis et Niël Blount
Ont paré leur solide vigueur d'un look broussard.
Afrikaners, ils sont les descendants pacifiques des héros Boers d'antan.
Dans les années 1830, bannis par des Anglais de conquêtes et de pouvoir,
Ils furent les proies de survie de la tornade du Grand Trek.
Ils fuirent vers le nord-est,
Elirent les terres de l'Etat libre d'Orange et du Transvaal.
Leurs guides avaient nom Louis Trigardt, Janse Van Rensburg au départ,
Puis Hendrik Potgieter, Gert Maritz et Piet Retief.
Présentations faites, Annarita et Niël seront les conseils
Et la tenue de route de notre expédition.

En route pour le bush,
Conduite à gauche,
Invités par l'appel confortable d'une double langueur de macadam.
Cousinage américain du réseau routier :
Highway.
Impatients et motivés,
Nous nous jetons sur la N12.

Campement à Twee Rivieren

Quitter Van Zylsrus.
Franchir les portes de l'imaginaire,
Invités de la terre rouge et balayée de vent.
Nature nue.

Nous nous raccrochons à une ligne électrique de campagnie.
Traversée rectiligne ;
Direction le bush.

Les nids des tisserins républicains
Sont de grandes voilures brunes dans les arbres,
Parfois centenaires.
Tout autour, des traits de vitesse ailés
Redessinent toutes les directions ;
Elles fuient, tournoient, font volte-face,
Puis retrouvent l'univers des brindilles tressées.

Quelques flaques laiteuses nous rappellent
L'offensive orageuse de la nuit.
Elles ne peuvent réaliser le lien de la rivière Nossob.

Parallèlement court le divorce de l'Afrique du Sud et du Botswana :
La frontière développe sa longue guirlande de barbelés.
Elle perfore le sol,
Saigne au rouge-orangé de petites dunes,
De plus en plus fréquentes.

Nous sommes soudain bloqués par une solide grille.
Des autorisations en règle en sont le sésame :
Nous pénétrons dans le Kalahari Gemsbok National Park
(KGNP : 9.510 km2) :
« Vous entrez dans le parc.
Respecter les lois SVP.
Les animaux domestiques sont interdits dans le parc.
Les véhicules de plus de 2,5 tonnes ne sont pas acceptés.
Déclarez les armes à feu, ainsi que le bois.
Vitesse limite : 50 km/h. »

Un panneau irréel indique la police à… 68 kms !!!

Les paillotes de Twee Rivieren Est Camp
Sont une aubaine ombragée,
Une rupture de douceur à l'acier rigoriste des clôtures du parc.
Nos tentes champignons prennent l'air :
Nous élisons domicile pour deux nuits.
Leur robe indigo nous offre une présence céleste à demeure.

Zénith suffocant.
Première pierre,
Premier scorpion.

Le comité d'accueil du camp nous fait la fête.
Il bondit,
Danse,
Grignote,
Ombre son corps de sa queue parasol.
Une multitude d'écureuils terrestre
Nous abreuve de sa fraîcheur.

Multiple également,
Le mille-pattes se débite au mètre.
Nous avons droit à vingt centimètres de démarche chaloupée.

Quelques tiques velours meublent les sables
De ponctuations écarlates.
Les déchaînements liquides de la veille
Ont surélevé la nappe d'azote du sol,
Les guidant ainsi vers la surface.

Présence, absence,
Et inversement.
Les lézards sont peu enclins à notre approche.
Ils placent de l'épineux entre eux et nous.

Premières émotions animales

Après l'entrée du parc,
La frontière reprend un aspect plus libertin,
Dénudée de ses grilles métalliques.

La rivière Auob est une paresse surchauffée.
Elle initie ses méandres à l'immobilité éternelle.
Elle fossilise nos regards,
Qui scrutent toute trace de mouvement.

Les springboks vont l'amble,
Gracieux et en couple.
Deux têtes pointées sont les périscopes du danger,
Toujours du même côté :
Odeur du lion.

Présence souhaitée du lion.
Quelques empreintes guident sa piste récente.
Nos espérances photographiques seront déçues :
Elles ne mènent nulle part.
Coup de chaleur sur la crinière noire de la race du Kalahari.
L'ombre est leur meilleur camouflage.

Parfois le rouge des sables devient colère,
En mouvance,
Engloutissant par gravité les imprudents.

Retour au campement
Où déjà le soleil prépare ses rideaux étoilés
Dans l'étirement exagéré des ombres.
La présence complice de mangoustes insaisissables
Nous assurera un sommeil sans serpent.

Constellations

Le vin du Cap a fait son chemin dans le ciel :
Nous recherchons une introuvable Croix du Sud,
Parmi les voies lactées,
Les quartiers de lune,
Les satellites
Et autres astres capricieux.

Béta, Alpha Centauri dansent sur l'axe le plus court.
Géomètres nocturnes, nous tentons de tracer une droite
En prolongeant quatre fois et demie la constellation,
Pour accrocher une illusion de sud.
Et Alpha Crusis se dédouble…

Velours de la nuit,
Le Grand et le Petit Nuage de Magellan
Sont une mer d'écume.
Ils sont les amants scintillants de la Voie Lactée, échine de la nuit.
Depuis l'explosion de 1987,
La nébuleuse de la Tarentule
Préside à l'existence du Grand Nuage.
Voile épais.

Toutes indifférentes à nos regards de télescopes ivres,
Les étoiles réinventent les couleurs
Dans leurs incessants changements de longueur d'onde.

Matin renard

Des oreilles triangulaires
Sont de timides pyramides à l'orée d'un terrier.
Précautionneuse, la mère renard du Cap
Hasarde la dorure de sa fourrure
Dans le soleil matinal.

Quête de la chaleur…

Quelques pyramides supplémentaires
Affleurent à hauteur des sables.
Rassurés, les petits rejoignent le giron maternel
Pour une lampée de lait.

Alentour,
Toutes les rousses robes antilopes
Sont encore intégrées à la brousse,
Parfaitement camouflées.

Le pays de la grande soif

Kalahari : semi-désert blotti
Dans l'embrassade asséchée des rivières Auob et Nossob.

Kalahari Gemsbok National Park.
Confins de springboks, d'oryx,
De paons des dunes, d'autruches,
De lions, de guépards.

Sans doute est-il le symbole de Kalahari.
Le springbok apparaît cordialement à l'ouverture matinale du parc.

Les perforations azur prononcé
Annoncent la canicule de la journée.
Mais le springbok n'en a cure,
Habitué qu'il est à cette fatalité.
Sa fine fourrure est sa climatisation ;
La nuit est son frisson.

Méfiance !
Certains de ses ancêtres du Namib,
Fou de soif et de faim,
Se sont rués sur des dunes d'écume atlantique.
Le sel leur a volé la vie,
Créant une nouvelle Côte des Squelettes.

Le steenbok est discret,
Mais ses oreilles le trahissent.
Elles ont la taille de sa tête.
Il habille notre matin d'originalité,
Solitaire et peu curieux.
Il découvre de la pointe de ses sabots
Une pitance bulbaire.
Les herbes peuvent être son salut
Lorsque se profile la longue liste des prédateurs.
Mais, aujourd'hui,
Il peut paître sur ces longues oreilles,
Nous n'avons entrevu que la chabraque fuyante du chacal.

Ils suivent les chemins du lion.
La mêlée des chacals émet sa longue plainte
Dans l'attente des reliefs royaux.
Vite et canines retroussées,
Il faut devancer hyènes et vautours !

Kgalagadi ou Khalagari,
«La grande soif».
Traduit Kalahari dans la déformation européenne.
Niël s'arrête soudain en bordure de piste.
A-t-il aperçu quelque lion ?
Point.
Il braque, recule, repart en sens inverse : demi-tour.
Nous n'avons pas atteint Union's End,
Le bout du monde.
Frontière Nossob.
Il s'agit du point triple :
Afrique du Sud - Botswana - Namibie.

Le tétras des sables arme d'eau sa ceinture de plumes ;
Devenu éponge, il pourra assouvir ses progénitures.

Un peu de ciel est entré
Dans le bleu des blousons des gnous.
Grands trekkeurs du désert,
Ils sont une cohorte hirsute et grognante
A l'aplomb des puits du parc,
Les chefs de bande s'envoient des défis d'autorité.

Des sentinelles goûtent le vent
Dans une faction incrédule,
Corps dressé, allongé,
Identiques, les bras le long des côtes.
Une compagnie de suricates
A le museau tendu de curiosité,
Couiner ou glapir en cas de danger.
Leurs yeux démesurés avalent
Toutes les mouvances du parc.
Et les vains cobras sont terrorisés par leur vivacité.

L'eau est une telle source de survie,
Que les proies ont investi les points d'eau résiduels,
Au mépris de tout danger.
Les fauves ne sont pas loin,
Repérés depuis longtemps.
Il faut continuer à boire jusqu'à l'attaque.

Proche de nos regards d'objectifs,
Une Korhaan noir nous observe de son œil en contraste.
Auréolé de blanc, il est la découpe franche de son cou noir.
Cette élégance lui autorise toutes nos convoitises.

Un rien hautaine,
Heureuse d'être plus à distance,
Une autre outarde de Kori, plus commune, arbore sa nonchalance
Dans l'observation de la scène.

Pronking

(De l'Anglais pronk, mot qui désigne les poils blancs que le springbok possède sur le dos)

Signe de défiance.
Isolation thermique.
Odeur du musc.
Galop, saut, extension.
Poils blancs hérissés sur les fesses, le dos.
Le pronking est excitation.

Alerte !
La sentinelle bondit, cambrée, verticalement,
Jusqu'à une hauteur de trois mètres.
L'observation est brève.
Eclatement.
Les springboks se tendent, essaiment en tous sens.
Ils quémandent leur salut à la fuite.

Et les bêtes géniales sont des étoiles tournoyantes.
Kaléidoscope psychédélique virevoltant.
Perturbé par toute cette mouvance,
Le lion invisible baille,
Renonce à faire un choix impossible ;
Ses yeux rétractent leurs griffes.

Pied antilope

Quelques élégantes du groupe,
Yvette, Bénédicte et Isabelle,
Par un mimétisme de grâce et d'agilité,
Ont revêtu des sabots sportifs
D'une marque antilope :
Reebok.

Liberté Kalahari

L'envers était l'endroit,
L'endroit était l'envers.
Un ciel de sable emplissait tout,
Omniprésent.
Désert.

Je hasarde un pied dans le néant.
Seul un oryx de chaleur au sommet d'une dune rouge
Assure un contact illusoire avec une réalité fuyante.

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©Christian Girault, tous droits réservés
Afrique du Sud - Namibie - Botswana - Zimbabwe 1996
Afrique du Sud - Namibie - Botswana - Zimbabwe 1996
Les textes sont extraits du chapitre 1 de "Réconciliation désert"
Les textes sont extraits du chapitre 1 de "Réconciliation désert"